Enseignement de la théologie des religions (2/2)

Suite à la lecture de votre réponse concernant l’université Domuni, je me permets de vous communiquer les éléments me posant question à savoir: des cours sur la franc maçonnerie ayant pour dernier chapitre “les artisans de la paix” avant la conclusion lien : http://www.domuni.eu/fr/%C3%A9glise-catholique-et-francmaconnerie, puis des cours sur le bouddhisme (http://www.domuni.eu/fr/diplomes/thich-nhat-hanh-dialogue-entre-bouddhistes-et-catholiques), des cours sur le vaudou (http://www.domuni.eu/fr/diplomes/le-vaudou). Il est intéressant d’étudier les autres religions, courants afin d’apprendre/comprendre du monde qui nous entoure, de dialoguer dans la paix mais ces cours font des parallèles avec le christianisme alors même que des figures comme le Père Verlinde nous invitent à ne pas en faire. Comment donc se positionner en tant que chrétien? J’ai pour habitude de me rendre au mémorial de Tibhirine qui nous enjoint à nous rapprocher de nos frères musulmans, de même pourquoi agir différemment avec les bouddhistes ou les francs maçons? Certains chrétiens considèrent l’islam comme relevant du malin, tout comme le bouddhisme et la franc-maçonnerie, comment s’y retrouver? Puisque des théologiens de l’Eglise dressent des parallèles, existe t’il un danger spirituel en tant que croyant ou/et étudiant ? (2/2)

2° Le dialogue interreligieux et son enseignement

Poursuivons notre réflexion sur l’enseignement du dialogue interreligieux. Rappelons d’abord qu’il n’est pas une option mais un impératif du Magistère comme St Jean-Paul II l’a plusieurs fois rappelé. Il n’y a pas d’évangélisation sans dialogue et volonté de comprendre la culture de l’autre, y compris sa culture religieuse. Déjà l’Ecriture nous présente St Paul qui déclare  « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile » (1 Co 9, 16) et en même temps dialogue avec les intellectuels de son temps lors du Discours d’Athènes (Ac 17). Dans ce passage, il présente les fondamentaux de la foi au Christ mais a pris soin de faire des « parallèles » avec la religion de ses interlocuteurs à propos de dieu inconnu. Il connait et cite aussi leurs textes à connotation culturelle et religieuse, Eschyle en particulier.

Par conséquent, il est normal d’étudier les autres religions et de faire des parallèles. Que ceux de tel professeur soient hasardeux ou qu’il ait des thèses discutables est une autre affaire qui ne change rien sur le fond.

Rappelons que le Magistère enseigne que toute religion a des germes de vérité et que l’Esprit-Saint peut inspirer tout homme. Cela ne veut pas dire que toute leur doctrine est bonne et vraie. Ainsi, le bouddhisme est antérieur à la Révélation chrétienne et même en partie à la formalisation de la Torah juive. C’est donc une tentative d’hommes sans révélation de donne rune cohérence spirituelle au monde et à la condition humaine. La franc-maçonnerie est née en régime chrétien et reprend sciemment des hérésies des premiers temps du christianisme. On n’est donc pas dans le même registre du tout.

Ceci dit, il est évident qu’il y a des modes dans la théologie des religions. Il est sûr que certains courants théologiques sont allés très loin dans l’acceptation des autres religions comme voies valables du Salut, dans une compréhension erronée du Concile de Vatican II et de son texte majeur à ce propos, Nostra Aetate. C’est le cas dans les années 80 avec des théologiens comme Jacques Dupuis, Ralph Stocker ou, s’agissant d’un accord avec l’hindouisme, de Panikkar et son « Christ cosmothéandrique ».

Depuis les années 2000, ces théologiens sont plutôt minoritaires – ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas enseignés – et la théologie des religions est devenue beaucoup plus prudente. Une des raisons est la recrudescence de la violence et des persécutions anti-chrétiennes dans l’Islam. Ce qui nous amène à la question de l’Islam. Ce sont surtout des maronites qui ont travaillé cette question. Comment Dieu peut-Il permettre l’existence le l’Islam et la contradiction qu’il apporte à la Révélation chrétienne ? Certains théologiens comme Fadi Daoud y voient une autre forme de l’alliance abrahamique. D’autres, plus nombreux aujourd’hui, comme Hayek, y voient une distorsion, un détournement des promesses faites à Abraham.

Il n’est donc pas juste de dire que l’Islam « vient du malin » et uniquement du malin. Mais il peut être dit avec force que les musulmans, par leur soumission sans alliance avec le Seigneur, sont passés à côté de l’essence même de Dieu, « l’Espéré-aimé », comme l’appelle Hayek. A sa façon, St Jean Damascène le disait déjà au VIIIe siècle et cet auteur est à découvrir d’urgence.

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