Enfer et prudence

Votre réponse sur “Y-t-il quelqu’un en enfer?” par “on ne sait pas” me laisse pantois. Et Sainte Thérèse d’Avila qui a rendu compte de sa “visite organisée” de l’enfer?  Et Saint-Jean Bosco qui a rendu compte de ce qu’il a vu ceux qui étaient sous sa responsabilité d’éducateur et qu’il n’a pas réussi à sauver?  Et les enfants de Fatima? Une hallucination collective?  Et le Christ lui-même propos de Judas : “le fils de la PERDITION”; “Il aurait mieux valu qu’il ne soit pas né”.  Votre réponse est donc étonnante, et surtout imprudente. Après tout, le Christ n’est pas venu pour des prunes. S’il n’était pas venu, nous serions bien sûr tous en enfer (massa damnata expliquée par St Augustin) La PRUDENCE commanderait plutôt de dire qu’il y a des hommes en enfer (avec les anges) même si effectivement le for interne nous interdit d’avoir un avis tranché sur la matière. La PRUDENCE commanderait de ne pas tomber dans le relativisme. La PRUDENCE commande de dire la VERITE pour sauver le plus de personnes possibles.

Ce qui nous laisse, nous, pantois, c’est qu’on critique un de nos articles (https://www.reponses-catholiques.fr/qui-est-en-enfer-33/) qui est clairement indiqué comme étant le troisième volet d’une ensemble, en n’ayant manifestement pas lu les deux premiers : https://www.reponses-catholiques.fr/la-bible-parle-t-elle-de-lenfer-12/ et https://www.reponses-catholiques.fr/lenfer-existe-t-il-23/. Car, alors, l’auteur de la question aurait lu ce que nous disons à propos de la vision de l’Enfer de Ste Thérèse d’Avila. Il aurait vu que nous mentionnons avant lui la vision des voyants de Fatima. Nous ne citons pas St Jean Bosco mais nous avons aussi évoqué la vision du Curé d’Ars. Bref, il aurait peut-être évité d’enfoncer des portes ouvertes.

Là encore, La Grande Thérèse va nous aider. Dans son récit, elle se trouve en Enfer. Or, elle est encore vivante quand elle a cette vision et elle est canonisée depuis. Donc un catholique est sûr que, s’il y a un endroit où elle n’est pas, c’est bien en Enfer, puisqu’elle bénéficie de la Béatitude divine. Ce qu’elle nous décrit n’est par conséquent pas la réalité mais ce qui aurait pu lui arriver si elle était en Enfer.

De même, les autres voyants, de Fatima ou autres, voient l’Enfer mais ne voient certainement pas qui est dedans. La plus élémentaire prudence commande donc de ne pas dire si X ou Y est en Enfer. Il en résulte que nous ne savons pas qui y est, et cela de personne. Nous ne pouvons pas dire qu’il y a quelqu’un.

Affirmer que Judas est en Enfer parce qu’il est appelé « Fils de la perdition » et « qu’il aurait mieux valu pour lui qu’il ne soit pas né », c’est faire dire à l’Ecriture ce qu’elle ne dit pas. Que Judas, se perde, c’est certain : se pendre par désespoir, personne ne contestera que c’est une perte. Spéculer plus loin est non conforme à la Sainte Ecriture et au Magistère de l’Eglise. C’est même le B. A. BA de la théologie des personnes suicidées : on ne peut rien dire de leur for interne à l’instant final. Des personnes n’ont pas été béatifiées parce qu’elles avaient prétendu damner des suicidés.

Il est également imprudent d’employer des concepts philosophiques quand on ne les maîtrise manifestement pas. Le relativisme, selon le Larousse, c’est 1) la « Conception philosophique qui admet la relativité de la connaissance ». et 2) la « Position idéologique de quelqu’un qui pense qu’il n’y a pas d’absolu, que tout est relatif ». Quel rapport avec notre propos ? C’est justement la position niant la présence de l’Enfer dans la Bible de Michel Fromaget que nous réfutons et nous ne disons à aucun moment que son caractère définitif n’est pas avéré.

Ce que nous disons, c’est que la prudence commande de s’occuper de son salut afin de ne pas se retrouver soi-même en Enfer, plutôt que de damner les autres en se prenant pour Dieu.

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