Elections et liberté de conscience pour les catholiques

Rompant avec la tradition et leur obligation statutaire de neutralité politique, les dirigeants du scoutisme français appellent à voter Macron !
http://www.scoutisme-francais.fr/single-post/2017/05/02/Communiqué-allons-voter-le-pire-est-possible

Nous nous demandons quelle est la question posée et en profitons pour rappeler aux lecteurs que nous répondons à des questions et ne relayons pas des commentaires ou informations, si pertinents soient-ils.

Nous ne ferons donc pas de réponse mais plutôt un commentaire en élargissant le thème. D’abord, mentionnons que les Scouts d’Europe ont publié un texte se démarquant de celui-ci. Puis, de façon plus large, constatons que plusieurs congrégations religieuses, mouvements et services d’Eglise ont appelé explicitement à voter Emmanuel Macron. A notre connaissance, aucune institution catholique n’a nommément appelé à soutenir Marine Le Pen (certaines manifestant cependant leur préférence pour cette dernière à partir des thèmes mis en avant). Les initiatives en ce sens émanent de particuliers, groupes de fidèles ou de consacrés.

Cela pose la question de la liberté de conscience, non seulement pour tous nos concitoyens mais plus spécifiquement pour les catholiques. L’Eglise en France ne donne normalement pas de consignes de vote et est garante de la liberté de conscience de ses fidèles. Par conséquent, comment celle des membres de ces institutions sera protégée ? Qu’arrivera-t-il à tel scout ou guide qui vote Le Pen, ou vient d’une famille où les adultes l’ont fait ? Sera-t-il discriminé, sanctionné, exclu ? Quid des séminaristes, novices, profes(es) temporaires qui peuvent être renvoyés à tout moment ? On a trop vu d’Ordres religieux refuser d’admettre des novices proches du FN, ou renvoyer des candidats simplement parce qu’ils lisent Famille chrétienne ou ont participé aux Manifs pour tous. Il convient de se souvenir que le Christ avait parmi ses Apôtres un publicain ayant « collaboré » avec l’occupant romain et un zélote, c’est-à-dire membre d’un groupe les combattant par la lutte armée.

Il est, du coup, utile de relire les textes de paroles autorisées dans l’Eglise :

–        le communiqué de la Conférence des évêques de France publié le 23/4/17, après le 1er tour des élections : http://www.eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/438036-elections-presidentielles-leglise-redit-son-role-et-rappelle-ses-fondamentaux/. Il a été critiqué, par les uns pour ne pas avoir explicitement soutenu un candidat pour le 2e tour, par les autres pour ne pas en avoir condamné un. Les critiques ne sont pas exactement symétriques et on peut discerner en creux une préférence. Mais il ne donne pas de consigne de vote et reste finalement, assez équilibré pour respecter le droit de vote des catholiques

–        cette déclaration du Pape François sur nos élections, laissant l’électeur assez libre de son discernement : http://www.20minutes.fr/elections/presidentielle/2059431-20170430-presidentielle-pape-sait-o-vient-macron

–        Enfin, des textes du Magistère sur le fait que sa conscience est l’ultime instance morale pour un catholique. Mais qu’il doit bien former et conformer sa conscience en respectant l’Enseignement de l’Eglise, comme l’explique l’encyclique Veritatis splendor.

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