Elections… Et évangélisation


Comment répondre à votre électeur de Macron ? Peut-on lui transmettre ce qui suit ?  « Que MLP soit excommuniée ni plus ni moins que EM n’a rien à voir au choix présidentiel. C’est leur position sur le danger majeur qui importe c’est-à-dire sur l’ISLAM. J’espère qu’il n’a pas trop de filles sur ses 4 enfants. Elles peuvent commencer à s’exercer au voile. EM sur l’immigration et l’Islam est un homme dangereux. Et penser que celui qui accuse la France de crime contre l’humanité en Algérie va porter le grand collier de Grand Maître de la Légion d’Honneur me fait froid dans le dos. Mais puisque la CEF est contente!…
Tout d’abord, nous nous demandons de quel électeur de Macron il s’agit car aucun de nos lecteurs ne s’est manifesté explicitement comme ayant voté Macron. Aucun, non plus, ne nous a fait part d’informations quant à ses enfants, leur sexe et leur nombre. Nous supposons qu’il s’agit d’une erreur et que la question rebondit sur des échanges sur un autre site que reponses-catholiques.fr. Une fois encore, nous recommandons à nos lecteurs de bien vérifier à qui ils posent leurs questions et si elles nous sont réellement destinées.

Ceci dit, comme il est suggéré dans la question, la vie de foi des candidats à la présidentielle et leur capacité à exercer cette charge sont deux choses différentes, même si ne nous dirons pas qu’elles n’ont « rien à voir ». Rendons à César ce qui est à César mais n’oublions pas non plus de rendre à Dieu ce qui Lui revient.

Nous n’avons pas d’information sur une éventuelle excommunication de Marine Le Pen ou d’Emmanuel Macron. Une excommunication demande généralement un jugement au tribunal ecclésiastique et ne se décrète pas comme cela. A moins d’être l’évêque de l’un ou de l’autre candidat à la présidentielle, aucun lecteur ne peut donc affirmer quoi que ce soit là-dessus.

Par ailleurs, la question nous inspire aussi de répondre de la façon suivante : Peut-on affirmer ce que contient la citation que comporte la question ? Cela dépend de ce qu’on entend par « pouvoir » :

– s’il s’agit de « pouvoir », au sens d’ « avoir le droit de », la réponse ne peut être que oui. Affirmer une opinion, même erronée, est un droit dans notre pays, tant que l’affirmation ne viole pas certaines lois (relatives aux bonnes mœurs, au racisme, à la diffamation etc)

–  si « pouvoir » a un sens logique et rationnel, à savoir s’il est vrai d’affirmer cela, voilà qui reste à voir. Cette opinion peut se discuter, se défendre, se contredire. D’un point de vue philosophique, néanmoins, depuis Socrate, l’honnête homme doit exercer sa pensée en cohérence avec la Vérité. Or, plusieurs penseurs et philosophes, en particulier des philosophes chrétiens, ne seraient pas du tout d’accord avec cette assertion. Pour eux, le « danger majeur » n’est pas l’Islam mais la déchristianisation. Le danger que représente l’Islam n’en est qu’une conséquence. Autrement dit, si nos concitoyens de culture chrétienne étaient réellement chrétiens et avaient une foi vraiment solide, l’Islam ne serait pas un problème. D’une part, les musulmans respecteraient cela, d’autre part ils ne parviendraient pas à convertir des personnes issues de familles qui ont été chrétiennes un jour, enfin, nombreux seraient ceux, parmi eux, qui demanderaient le baptême. « Si vous n’évangélisez pas l’Algérie, vous la perdrez » disait le Bienheureux Charles de Foucauld à propos de la présence française en Algérie. De fait, l’évangélisation avait plutôt bien démarré, surtout en Kabylie, avant d’être interdite par le Bureau des affaires arabes

–  ce qui nous amène au plan théologique et ecclésial. La vraie question est de savoir ce que chacun de nous fait pour évangéliser notre société. Quelle attestation de notre foi, y compris si cela est risqué, à notre travail, avec nos relations ou en famille ? Nous impliquons nous pour faire le catéchisme, accompagner des catéchumènes, préparer des sacrements ? Consolidons-nous notre formation théologique et spirituelle pour pouvoir mieux annoncer l’Evangile, quitte à faire un cycle de théologie en cours du soir ? Consacrons-nous une part de nos congés pour accompagner des camps de jeunes, participer à des missions de solidarité avec les chrétiens d’Orient ? Nous impliquons-nous dans des actions d’évangélisation de rue, y compris dans des quartiers à forte concentration musulmane ? Quelle vie de prière vivons-nous pour la conversion de la France, des musulmans, de nos hommes politiques ? Dans quelles œuvres de miséricorde nous engageons-nous et comment y témoignons-nous du Christ ?

Nous avons pu constater que plusieurs de nos concitoyens, même anticléricaux, admettent sans difficulté que les jeunes de familles chrétiennes pratiquantes sont les moins susceptibles de basculer dans l’Islam radical (quoique cela existe). L’enjeu est qu’ils passent d’une compréhension rationnelle à un engagement existentiel pour le Christ.

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