Divorce catholique?

1° Le divorce pour des catholiques est-il possible selon l’Eglise et si oui pour quel motif ? 2° J’ai découvert sur cette page http://www.religieux.org/vivre-sa-chretiente/remariage-a-l-eglise-conditions/ que le remariage catholique est possible pour certaines conditions autres que la mort de l’un des époux. Pouvez-vous mieux expliquer car autant que je sache, contrairement aux églises protestantes et dérivés, le mariage est un sacrement et est indissoluble. C’est vraiment choquant d’entendre qu’il y a des possibilités de rompre le lien sacré de mariage, si c’est vrai, notre église est la bienvenue dans le protestantisme.

Nous avons regroupé deux questions posées par deux auteurs différents mais arrivées coup sur coup et qui sont presque l’inverse l’une de l’autre.

1° Sur la première question, il n’y a pas de divorce dans l’Eglise. Il y a éventuellement séparation de corps : les époux ne vivent plus ensemble. Mais ils ne peuvent se remarier et en aucun cas avoir des relations sexuelles avec qui que ce soit d’autre.

Il existe une exception qui a pratiquement disparu mais était plus courante dans les premiers temps de l’Eglise : le cas où le conjoint catholique est empêché de vivre sa foi par le conjoint non-catholique. Il peut alors le quitter et se remarier à l’Eglise. C’est ce qu’on appelle le privilège paulin (de St Paul) défini en 1 Co 7, 12-16 : « Aux autres, je dis — c’est moi qui parle et non le Seigneur — : si un frère a une femme non-croyante et qu’elle consente à vivre avec lui, qu’il ne la répudie pas. Et si une femme a un mari non-croyant et qu’il consente à vivre avec elle qu’elle ne le répudie pas. Car le mari non-croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par son mari. S’il en était autrement vos enfants seraient impurs alors qu’ils sont saints. Si le non-croyant veut se séparer qu’il le fasse ! Le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ce cas. C’est pour vivre en paix que Dieu vous a appelés. En effet, sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? ».

Comme nous venons de le dire, ce cas est rarement mobilisé de nos jours mais il pourrait l’être : si l’un des époux fait pression sur l’autre pour ne pas aller à la messe, refuse de faire baptiser ou éduquer chrétiennement les enfants etc.

2° N’en déplaise à l’auteur de la question, l’article cité est parfaitement exact. Il n’y a pas de divorce catholique, nous venons de le dire, exception faite du privilège paulin. Mais il peut y avoir dans certains cas nullité du mariage. Cela veut dire que, après enquête menée par le tribunal ecclésiastique du diocèse, il s’avère que les quatre conditions d’un mariage chrétien n’étaient pas réunies avant le mariage. Rappelons ces conditions :

  • Liberté (un mariage forcé n’est pas valide);
  • Fidélité dans le mariage, donc monogamie et refus total de l’adultère;
  • Indissolubilité du mariage, donc refus du divorce;
  • Ouverture à la vie. Le mariage n’est pas à proprement parler seulement pour « faire des enfants ». Mais il doit intégrer cette possibilité et ne pas y faire obstacle. Un mariage où les conjoints refuseraient d’avoir des enfants, ou les voudraient « plus tard » ne serait pas valide.

L’article cité donne quelques conditions. D’autres, parmi les plus courantes sont encore une fois, le non consentement, l’immaturité, l’erreur sur la personne, la bigamie (l’un des deux est déjà marié, même civilement ou dans le rite d’une autre religion… Ou un mariage coutumier), des troubles psychologiques, le refus de la fidélité (l’un des deux entretient une relation qu’il ou elle ne quitte pas en se mariant, par exemple), l’impuissance, l’homosexualité etc.

Nous suggérons vivement à nos lecteurs de se former en théologie du mariage avant de taxer le Magistère de l’Eglise de « protestantisme » à tort et à travers.

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