Discernement des esprits et combat spirituel (2/2)

Discernement des esprits et combat spirituel (2/2)

Nous sommes en effet armés contre la tentation. Depuis St Paul, puis dans la tradition des Pères du désert de l’Antiquité, le spirituel chrétien apprend à discerner les esprits qui l’agitent et qui lui font commettre le mal ou, au contraire, faire le bien. Mais c’est St Ignace de Loyola, au XVIe siècle, qui a théorisé et appliqué ce discernement des esprits, en particulier dans ses Exercices spirituels qui se pratiquent dans toute retraite ignacienne. Selon lui :

– Nous avons une conscience, bonne ou mauvaise. Tout l’enjeu est de discerner ce qui vient du bon ou du mauvais esprit, de répondre à ce qui vient du bon et de rejeter ce qui vient du mauvais

– Ce n’est pas discerner entre le bien et le mal. Le mal, on le rejette de toutes façons. Il convient de s’appuyer pour cela sur les Commandements (Ex 20, 1-18 ; Dt 5, 6-22) et il n’est jamais question de ne pas respecter un commandement. Cela ne se discute pas. On combat fermement le mal, on fait le contraire de ce qu’il suggère. Par exemple, la tentation du vol : qu’il soit grand ou petit, il n’est pas acceptable. Y compris la fraude ou la resquille.

– Mais l’enjeu est, comme le dit St Ignace, de « discerner entre le bien et le meilleur ». Il n’y a que très rarement une réponse toute faite à une décision, une manière unique de répondre à une tentation.

Pour opérer ce discernement, il convient d’abord de poser l’acte à faire dans la prière silencieuse. Pendant qu’on prie, des motions, des mouvements intérieurs se produisent. Ce sont eux qui donnent des indications :

– Si je ressens de la paix, de la joie, un « accroissement de foi, d’espérance et de charité », ce qu’Ignace appelle la consolation, il y a de bonnes chances pour que le choix soit inspiré par le bon esprit

– Si je cède à la peur, que je suis troublé, triste, c’est sans doute une “désolation” sous l’emprise du mauvais esprit et il faut rejeter cet acte.

Les choses se compliquent car le mal peut se donner l’apparence du bien. Il est alors important de voir si la décision prise dure dans le temps et maintient en paix et dans une vie de prière. On ne résiste jamais à la tentation seul : il faut en parler à un confesseur, un accompagnateur, une personne de confiance. Etre en paix pendant longtemps en ayant confronté son choix avec un chrétien expérimenté donne de bons indices. Cela implique, dans la mesure où c’est possible, de ne pas agir à chaud et sans réfléchir… Alors qu’une tentation mobilise souvent ce qui est le plus impulsif chez nous.

Différentes traditions spirituelles nous indiquent les armes pour résister à la tentation :

–  La Sainte Ecriture, l’Enseignement de l’Eglise (Catéchisme de l’Eglise catholique)

– Les sacrements

– La garde du cœur : éviter les mauvaises fréquentations, certains sites, situations

– L’ascèse : le jeûne est une aide puissante quand « on n’y arrive pas »

– Le service : se donner aux autres pour sortir de ses propres combats

– Le conseil spirituel : on ne combat pas seul

– La prière, spécialement celle par Marie : Jésus nous a donné sa mère pour nous aider. Elle écrase la tête du serpent (cf. Gn 3 , 15). Elle nous soutient particulièrement contre l’impureté.

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