Dieu peut-Il pardonner d’avoir raté sa vie?

J’ai 71 ans et je réfléchis beaucoup actuellement à ma vie écoulée. Je pense que je n’ai pas fait ce que Dieu attendait de moi et que je me suis trompée de route. Petite j’étais très calme, aimant lire, dessiner, avec beaucoup d’imagination. Je voulais être écrivain, et vivre un peu comme une nonne. J’aimais les Soeurs qui m’éduquaient, j’aimais la messe, l’église, la religion. Je me suis toujours sentie comme une extra terrestre parmi les autres. Pourtant, en réalité je me suis mariée par facilité puis j’ai divorcé, j’ai longuement vécu avec un homme avant de finir par en épouser un autre. J’ai eu deux enfants. J’ai vécu dans le monde et comme le monde. Aujourd’hui que le terme se rapproche je regrette de n’avoir pas vécu une autre vie plus pieuse, plus solitaire. Je n’ai peur ni de la vieillesse ni de la mort. Au contraire. Je sais depuis toujours que nous sommes de passage sur terre. J’aime le Bon Dieu de tout mon coeur mais je suis si triste d’avoir vécu dans le monde et pour le monde plutôt que de lui consacrer mon coeur que je culpabilise. En même temps je suis engagée dans une famille et ne peux pas tout envoyer promener ! Dieu peut il accepter qu’on se trompe de chemin ? Et nous pardonner

10% des Français affirment, selon un sondage, avoir pensé entrer dans les ordres, alors qu’il y a bien moins de 10% qui sont catholiques pratiquants. C’est l’indice que l’idée traverse beaucoup de monde, mais qu’elle n’est pas toujours si solide que cela. Car, la vie consacrée est une réponse à un appel du Seigneur, pas un choix personnel sans en référer à qui que ce soit. Et quand le Seigneur appelle à la vie consacrée, Il ne lâche pas l’affaire comme cela et c’est ce qui permet de discerner un véritable appel d’une vague idée : le fait que l’entrée dans les ordres se fasse effectivement. C’est ainsi que la Bible permet de reconnaitre une vraie prophétie d’une fausse : la vraie se réalise. Autrement dit, si la lectrice avait vraiment été appelée par Dieu, elle aurait choisi la vie consacrée à un moment ou un autre.

Ensuite, le sentiment de culpabilité ne vient jamais du Bon esprit. Qu’on se repente de ses fautes, oui, et la lectrice en a sûrement fait, en particulier dans sa vie affective. Mais là, pourquoi culpabiliser ? La plupart des gens se marient et fondent une famille, il n’y a aucun mal à cela, le mariage est d’ailleurs un Sacrement, parce qu’il est saint et voulu par Dieu. Donner la vie également. Comment culpabiliser d’avoir eu des enfants ? Grâce à la lectrice, deux personnes ont eu accès à la vie et ont pu peut-être la transmettre aussi. Croître et multiplier est même un commandement divin dans le premier chapitre de la Genèse. Donc, qui peut dire qu’elle s’est trompée et ce qu’aurait été sa vie si elle avait fait d’autres choix ? Le diable, Satan, c’est l’Accusateur, dans la Bible, l’Adversaire, le Diviseur. C’est toujours lui qui susurre qu’on n’est pas à la hauteur, qu’on a mal fait ceci ou cela.

Bien sûr, chacun peut progresser dans la vie spirituelle, en s’examinant pour identifier ses péchés – les vrais – et en demandant pardon au Seigneur. Simultanément, en s’engageant dans une vie de prière plus ferme et, pour cela, il n’est jamais trop tard. Cela demande parfois un certain mûrissement et l’arrivée de la vieillesse est effectivement propice pour cette prise de conscience. Que la lectrice prenne la ferme décision d’aller régulièrement à la messe – pourquoi pas en semaine en plus du dimanche – de prier tous les jours à partir d’un texte de la Bible et/ou le chapelet, de s’engager dans sa paroisse, de fréquenter un groupe de prière. Et qu’elle s’y tienne. Si son goût pour les ordres consacrés est toujours vif, pourquoi ne rejoindrait-elle pas un Tiers-ordre ou les diverses associations que certaines congrégations religieuses proposent à leurs amies et sympathisantes ? Il n’y a pas d’âge pour le faire.

Le Christ offre son salut autant aux Ouvriers de la onzième heure qu’à ceux de la première. Et la Bible nous montre qu’au milieu des méandres de parcours chahutés, le Salut de Dieu se fraie toujours un chemin pour atteindre celui qui le cherche. Le Bon Pasteur est celui qui va chercher sa brebis.