Dies Irae

Tout d’abord, un grand merci pour ce site fort utile. Peut-on encore chanter le “Dies Irae” dans la forme ordinaire du rite romain ? Si oui, dans quelles circonstances ?

Dies Irae, « Jour de colère », est un poème hymnique datant, pour la version actuelle, du XIIIe siècle. Son thème principal est la colère de Dieu. Il fait, en effet, allusion au Jour du Jugement dernier et a une connotation clairement eschatologique (c’est-à-dire relative aux fins dernières).

A 99%, on peut dire que le texte correspond à la foi de l’Eglise, et a même une source dans l’Ecriture, à savoir le Livre de Sophonie : « Jour de fureur, ce jour-là ! Jour de détresse et de tribulation, jour de désolation et de dévastation, jour d’obscurité et de sombres nuages, jour de nuées et de ténèbres » (So 1, 15). Les thèmes de certains psaumes et de l’Apocalypse de St Jean inspirent aussi manifestement ce chant, de même que le récit du Jugement dernier du chapitre 25 de l’Evangile de Mathieu. En ce sens, on peut le chanter.

Nous écrivons qu’il est conforme à 99% à la foi catholique car le 3e stique évoque la Sybille, personnage mythologique païen qui n’a rien de chrétien. Mais enfin, il y a des sybilles peintes dans la Chapelle Sixtine.

Ceci dit, il est clair que la théologie de cet hymne ne correspond pas du tout à la théologie post-conciliaire, axée davantage sur le salut de Dieu, le don que le Christ fait de Lui-même et l’Espérance eschatologique. La bonne question devient alors : quel fruit produit ce genre de chant dans une assemblée ? Aide-t-il à la conversion, à l’édification des fidèles, au cheminement des personnes non chrétiennes et en recherche ? Rien n’est moins sûr. Alors, encore une fois, sur le plan strictement théologique, on peut chanter cet hymne. Mais, sur celui de la pastorale et de l’évangélisation, est-ce que cela convient ?

Dies Irae
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