Des pères et des classes dans l’Eglise?

Le poste d’anciens était une charge, une fonction. Pierre a surement entendu Jésus dire d’appeler personne “père”, et il a du très sérieusement porter diligence à l’ordre de Jésus. Se serait-il laisser appeler “père Pierre” ? Surement que non. Encore moins “Très saint père”, ou “Son excellence”, ou autre titre honorifique. (Cf, les titres attachés au Pape ou aux archevêques et évêques, comme Révérant, Révérendissime… ) Si un seul est votre père, pourquoi y jeter du feu sur la question et créé deux classe de croyants: les laïques et les pères ?

Nous sommes navrés de devoir contredire la question de bout en bout. La seule chose qui puisse être acceptable est le fait que le poste d’« ancien » est bien une charge. Mais ce n’est pas une « fonction », ni un « poste » comme pour un fonctionnaire ou n’importe quel boulot. C’est une confusion grave de tous les anti-catholiques que de réduire le rôle du prêtre à un simple job. Voilà qui passe complètement à côté de l’essence même de la mission. Car, un prêtre, un diacre, un évêque, bref, tout ministre ordonné, a reçu une grâce spéciale par l’imposition des mains, et cela depuis les temps apostoliques. St Paul nous le spécifie en  1 Tm, 1-4 et 5, 22, ou encore 2 Tm 1, 1-8.

Ensuite, « Pierre a surement entendu » ? « Il a du » ? « Se serait-il laisser appeler «’père Pierre’ ? Surement que non ». Ben ptet ben qu’oui, ptet ben qu’non. Quelles preuves apporte l’auteur de la question ? La théologie est une chose sérieuse et l’exégèse, qu’elle soit croyante ou profane, une science rigoureuse. Elles ne sont en rien soumises aux suppositions ou opinions de gens sans argument.

Nous avons expliqué dans l’article « Pourquoi appeler un prêtre ‘mon père’ ? » (https://www.reponses-catholiques.fr/pourquoi-appeler-un-pretre-mon-pere/) les origines bibliques et patristiques de cette appellation. Paul, toujours lui, appelle les membres des communautés chrétiennes les « saints » (ex : 1 Co 1, 1-9). Donc, où est le problème avec « Très Saint Père ? ».

Les titres des cardinaux et des évêques viennent effectivement des usages dans la chrétienté à partir du Moyen Age (par exemple, certains évêques étant seigneurs de leur diocèse, comme les nobles dans leurs fiefs). C’est pour cela qu’on s’adresse maintenant plutôt à un évêque en lui disant « père », même si le « Monseigneur » demeure. Nous faisons remarquer au passage que « révérend » s’applique à un pasteur protestant. Donc reponses-catholiques.fr n’a pas à en commenter le bien fondé.

Quant à « deux classes de croyants », l’Eglise n’adopte pas la grille de lecture marxiste. C’est bien pour ça qu’elle a rejeté les excès de la théologie de la libération. Les croyants sont un seul Corps mystique, l’Eglise, mais où chacun a des missions différentes, comme Paul – encore lui – le montre en décrivant les différents charismes (1 Co 12, 12-27 et Rm 12, 4) et, partant de là, les différents états de vie dans l’Eglise. Certains sont des ministres ordonnés, d’autres vivent du Sacrement du mariage, d’autres sont des laïcs célibataires. Dès les Actes des Apôtres et en 1 Co 7, certains reçoivent un appel pour être mis à part dans le célibat consacré, comme signe que le Royaume de Dieu – où personne ne sera marié, cf. Mt 19, 10-12 et 22, 30 – est déjà parmi nous.

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