Pourquoi les catholiques mangent du porc?

Lévitique 11 verset 7, la consommation de porc est interdite, alors pourquoi beaucoup de catholiques y compris les prêtres le consomment ?

Voici les versets 6 et 7 de Lv 11 : « Vous ne mangerez pas le lièvre, qui rumine, mais qui n’a pas la corne fendue: vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas: vous le regarderez comme impur. » Nous avons trouvé intéressant de mettre aussi le verset précédent puisque la consommation du lièvre est aussi interdite. Alors pourquoi poser la question pour le porc et non le lièvre ? Et pourquoi pas sur tous les interdits alimentaires dans les versets suivants ? Et quels versets concernent un régime alimentaire spécial pour les prêtres et non l’ensemble des fidèles ?

Car nous avons déjà répondu à cette question dans notre article « Interdits alimentaires du judaïsme », que ce soit pour le porc ou n’importe quoi d’autre : https://www.reponses-catholiques.fr/interdits-alimentaires-du-judaisme/. Les chrétiens – tous les chrétiens, pas seulement les catholiques – n’ont pas conservé les interdits alimentaires du judaïsme pour deux raisons. La première est que l’écrasante majorité des chrétiens n’est pas d’origine juive. Ils ne sont donc pas tenus de respecter ces interdits alimentaires ni, d’ailleurs, l’ensemble des 613 commandements, les Juifs ne l’ont jamais exigé des non-Juifs. Dès le Concile de Jérusalem dans les temps apostoliques (Actes des Apôtres 15), il est décidé de ne pas soumettre les païens baptisés à la Loi juive, en particulier en matière de circoncision.

Pour ce qui est des chrétiens d’origine juive, l’idée est que le chrétien est libéré par sa foi au Christ et non par le respect de la Loi. C’est le thème de plusieurs lettres de Paul (Romains, Galates, etc). C’est aussi la vision de Pierre en Ac 11, qui se voit intimer l’ordre de manger les animaux impurs (c’est-à-dire non casher).

L’enracinement est évangélique. Certes, le Christ était un juif pieux et respectait fidèlement la casherout. Mais Il a très tôt accentué son enseignement sur la Loi qui libère et n’asservit pas, ce qui est la raison majeure de son conflit avec les Pharisiens. Ainsi, Il insiste sur un respect plus ou moins souple de la Loi, comme dans l’épisode des épis arrachés (Mt 12, 1-8) ou celui du Bon Samaritain (Lc 10, 20-37), au service de la vie : il vaut mieux ne pas se laisser affamer et venir au secours de son prochain que respecter des commandements tatillons. D’ailleurs, le Christ met en relief que l’interprétation des Pharisiens, qui a donné les 613 commandements, et donc la casherout, du judaïsme actuel, n’est qu’une interprétation possible. Ainsi, en Mt 15, 1-20, Il montre comment les interprétations pharisiennes du Commandement « Tu honoreras ton père et ta mère » en viennent à spolier son prochain, dans ce cas les parents dans le besoin. A partir du verset 10, il en est de même pour les interdits alimentaires.

Dès le Sermon sur la Montagne (Mt 5), le Christ propose une autre interprétation de la Loi, limitée aux Dix Paroles, et où priment les critères de charité et de vie pour discerner les choix éthiques à faire.

Cela n’empêche pas de jeûner :

– lorsque l’Eglise le demande. Au grand minimum le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint, mieux, tous les vendredis de Carême, pourquoi pas tous les vendredi de l’année (ou alors faire abstinence, c’est-à-dire un jeûne allégé, par exemple sans viande)

– pour des intentions de prière spéciales, par exemple comme le Pape l’a demandé à l’intention des Chrétiens d’Orient ou pour la purification de l’Eglise

– en ascèse personnelle, lors d’une retraite ou un temps fort spirituel.

Voilà qui sera bien plus profitable spirituellement que de se préoccuper de savoir si on prend son hamburger sans bacon au restaurant ou si on enlève les lardons de ses spaghetti carbonara quand on est invité.

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