Conversion (1/2)

Se convertir, ça veut dire quoi ? (1/2)

Voilà une question délicate car la réponse peut considérablement varier selon le point d’où on part. Le mot « conversion » provient de la traduction latine du grec metanoia, retournement. Il s’agit, littéralement, d’un changement de direction dans une vie, qui peut être à 180°.

Le sens le plus classique est celui d’une personne n’étant pas une fidèle d’une religion qui le devient. On se convertit à l’Islam, au christianisme. Dans le cas du christianisme, il s’agirait de quelqu’un de non baptisé, parce qu’adepte d’une autre religion ou sans religion, qui deviendrait chrétien. Un des premiers exemples est St Paul, mais c’est le cas de tous les catéchumènes qui reçoivent le baptême.

Evidemment, bien des gens ont été baptisés enfant et n’ont jamais cru au Christ, ou ont perdu la foi. Certains vivent une expérience spirituelle forte qui les amène à la foi. Ils redécouvrent donc leur foi chrétienne et commencent alors à vivre réellement une authentique relation au Christ. Le Bienheureux Charles de Foucauld en est un exemple, Claudel foudroyé par la grâce derrière le pilier de Notre-Dame un autre. De nos jours, nombreux sont les recommençants qui reviennent à l’Eglise après s’en être éloigné, parfois depuis l’enfance.

Même parmi les chrétiens pratiquants – et même très pratiquants – une conversion peut se vivre. Il s’agit alors d’une expérience spirituelle très forte de rencontre du Christ, qui « retourne » la vie de la personne et la fait changer radicalement. Cette expérience existentielle est souvent à l’origine d’une vocation consacrée, mais elle a parfois lieu pendant une vie consacrée : Ste Thérèse d’Avila était carmélite depuis 20 ans quand elle a vécu une rencontre radicale du Christ dans sa Passion, avec les grâces mystiques singulières qui en ont découlé. Elle s’est alors lancée dans son entreprise de réforme du Carmel. St François-Xavier était étudiant en théologie destiné à la prêtrise quand il a partagé la chambre de St Ignace et fait avec lui les Exercices spirituels, avant de devenir saint patron des missionnaires. Ste Mère Teresa ou Sr Emmanuelle ont vécu des appels à une conversion radicale auprès des plus pauvres alors qu’elles étaient religieuses depuis des années. On pourrait multiplier les exemples.

Car dans tous les cas, que la personne soit néophyte nouvellement baptisée ou chrétienne depuis son enfance, laïque ou religieuse, qu’elle ait vécu sa conversion lors d’une expérience mystique forte ou petit à petit, le retournement de sa vie est le signe manifeste qu’il est bien réel : une conversion au Christ implique de réordonner sa vie pour se conformer à Lui et le suivre, même dans les épreuves. Le comportement éthique, la vie de prière, l’engagement dans l’Eglise et la charité sont les signes que la conversion est réelle. Nous prions pour que chacun de nos lecteurs vive un jour d’être retourné par le Christ.

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