Conscience erronée et refus de Dieu

En lisant votre réponse du 25 octobre (« Conscience erronée et péché ») j’ai fait cette conclusion: si c’est cela l’enseignement catholique, je préfère être simplement une femme de bonne volonté plutôt que devenir adepte de cette religion. Car les hommes et femmes de bonne volonté ont le droit et le devoir de suivre leur conscience, quant aux catholiques – c’est l’enseignement de l’Église qui s’y substitue! Personnellement, je préfère faire plus d’erreurs mais rester en possession de ma conscience et ma liberté, car il est plus digne de l’homme/femme de réfléchir de sa propre tête même au risque de se tromper qu’obéir aveuglement et contre sa conscience à une autorité extérieure. Surtout que nous n’avons aucune garantie que cette autorité ne se trompe pas – toutes les religions disent cela d’elles mêmes et certaines demandent même de commettre des crimes contre l’humanité au nom de Dieu. Si je n’aborde pas de façon critique l’enseignement de ma religion (catholique ou autre), en réservant à ma conscience personnelle le dernier mot, qu’est ce qui va m’arrêter quand au nom de Dieu et de la religion on me demandera faire des choses abominables?

Nous sommes navrés d’avoir si mal réussi à nous faire comprendre. En même temps, cette question nous semble emblématique de l’attitude mortifère que nous avons tenté de contrecarrer dans l’article cité en référence : https://www.reponses-catholiques.fr/conscience-erronee-et-peche/.

1° Si nous reprenons à rebours toutes les affirmations fausses que recèle cette nouvelle question, nous pouvons rappeler que, en nous appuyant sur Ignace de Loyola, on discerne toujours entre le bien et le meilleur. Jamais entre le bien et le mal. Donc, si qui que ce soit demande à la lectrice de « faire des choses abominables », selon l’Enseignement de l’Eglise, elle ne doit pas les faire. Point.

St Ignace va même plus loin. Dans la vie religieuse, l’obéissance est un vœu très important. Toutefois, la Tradition de l’Eglise est bien que l’obéissance ne doit pas se faire « sous peine de péché ». Si on reçoit l’ordre de commettre un péché, même venant de son supérieur religieux, il ne faut pas obéir dans ce cas.

2° D’ailleurs, qu’est-ce qui, dans le Magistère de l’Eglise enseignerait à « faire des choses abominables » ? Nous défions la lectrice de nous donner un seul exemple. Que des catholiques, et même des hommes d’Eglise, aient fait et prôné des choses abominables, certes. Nous avons malheureusement des exemples trop nombreux dans l’Histoire. Que ce soit fondé dans l’Enseignement de l’Eglise, voilà qui reste à démontrer.

3° « Toutes les religions disent cela d’elles-mêmes et certaines demandent même de commettre des crimes contre l’humanité au nom de Dieu ». Oui, mais lesquelles ? Encore une fois, quelle preuve peut amener la lectrice sur la religion catholique ? Ensuite, le discernement est bien de voir, entre les discours de toutes les religions, lequel tient la route ou non. Les mettre toutes dans le même sac et réfuter en bloc tout ce que chacune dit sans analyser les contenus est une insulte à l’intelligence et une grave injustice

4° En outre, qu’est-ce qui garantit à la lectrice que sa conscience, elle, ne se trompe pas et qu’elle peut jeter par-dessus bord toute la Bible et 3800 ans des acquis du judéochristianisme ? On sait que les idéologies qui ont fait « table rase » du passé et dont les leaders se sont arrogé le droit de dire le bien et le mal sont les plus criminelles de toute l’Histoire de l’humanité. Hitler disait bien que « ce que je déteste chez les Juifs, c’est d’avoir introduit la morale dans le monde ». D’où ont-ils introduit cette morale ? De la Bible, c’est-à-dire la Parole de Dieu.

5° Car la lectrice nous explique tranquillement qu’elle préfère se tromper plutôt que d’écouter une instance extérieure qui pourrait avoir raison. C’est exactement le péché d’Adam. S’arroger le droit de dire le bien et le mal plutôt que d’écouter la voix de Dieu. C’est ensuite l’erreur de Kant de fonder une morale autonome, puis la déconstruction de Nietzsche d’avoir montré que cette morale était basée sur la volonté de puissance de chacun et pas du tout sur la raison qui n’est qu’un maquillage de ses passions

6° En effet, il ne s’agit pas de se tromper sur un horaire de train. Il s’agit de bien et de mal, voire de vie ou de mort. Préférer se tromper dans le mal et la mort toute seule, plutôt que d’écouter un autre qui a raison pour le bien et la vie, à quoi cela peut-il mener, à part à la mort, au malheur et, surtout au mal fait aux autres ?

7° Par-dessus le marché, la lectrice nous explique qu’elle préfère être « une femme de bonne volonté » plutôt qu’une catholique. Or, être un homme ou une femme « de bonne volonté », dans les textes du Magistère, en particulier depuis Vatican II, cela a un sens précis : il s’agit des personnes sans religion, qui, certes, ont un sens éthique et une conscience qu’ils tentent d’exercer, mais qui ne croient pas au Dieu de la Bible, même pas au Dieu de l’Islam, ni même à sa représentation dans différentes religions. En clair, l’auteur de cette question nous explique qu’elle préfère apostasier sa foi au Christ, et même en Dieu, pour se tromper toute seule, plutôt que prendre le risque d’écouter la Parole de Dieu et son interprétation dans l’Eglise.

Pendant ce temps, des chrétiens d’Orient meurent égorgés ou décapités pour, eux, rester fidèles à leur Seigneur. Comme disait le grand Pascal, « je ne crois que les histoires de personnes qui sont prêtes à se faire égorger pour elles ». Qu’ils intercèdent pour elle et que Dieu lui pardonne.

Conscience erronée et refus de Dieu
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