Absolution collective et cas du Titanic

Les célébrations pénitentielles, sans aveu individuel des péchés à un prêtre mais avec absolution collective, confèrent-elles VALIDEMENT le Sacrement de la Réconciliation, quelle que soit la gravité des péchés ? Le Catéchisme de l’Eglise catholique réserve cette modalité du Sacrement aux “graves nécessités”. Or, cette pratique est généralisée en France (mais pas dans certains pays) , avec l’accord de l’évêque, en l’absence de tout danger imminent. Si cette modalité est valide, pourquoi aucun Pape ne l’a-t-il pas pratiquée devant des foules immenses, absolvant facilement et d’un seul coup des milliers de fidèles ?

Nous nous demandons depuis quand l’auteur de la question n’a plus mis les pieds à une célébration pénitentielle pour dire que la « pratique » de  « célébrations pénitentielles sans aveu individuel des péchés à un prêtre mais avec absolution collective (…) est généralisée en France ».

Si cela a pu exister ça et là dans le tourbillon des expérimentations post-conciliaires des années 70 et 80, ce n’est plus du tout le cas depuis longtemps, le pontificat de St Jean-Paul II ayant permis de remettre le sacrement à sa juste place. Personnellement, nous n’en avons jamais vues, ni à Paris, ni en province, ni dans une paroisse francophone à l’étranger.

Ce qui n’empêche pas que la cérémonie inclue une méditation et des prières orales collectives, des gestes tels que mettre une bougie au pied de l’autel, des recueils de lettres et de prières écrites dans un panier etc. Cela pour aider les pénitents à se préparer au Sacrement donné par les prêtres qui confessent dans les allées latérales ou d’autres pièces… Et aider ceux qui ne se sentent pas capables d’aller se confesser ou en sont empêchés de faire tout de même une démarche qui leur permettra d’avancer dans la vie spirituelle. Mais personne ne prétend que cela tient lieu de sacrement valide.

Ceci dit, il est exact que cette modalité existe en cas de grave nécessité, c’est-à-dire essentiellement de danger de mort. Le cas le plus connu étudié en cours de droit canon de la Réconciliation est celui du Titanic : des prêtres étaient à bord et ont commencé à confesser des passagers. Mais ils se sont rendus compte, au fur et à mesure que le bateau s’enfonçait, qu’ils n’auraient pas le temps d’entendre tout le monde. Ils ont donc donné une absolution collective avant que le navire ne coule complètement.

Absolution collective et cas du Titanic
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