Conférence épiscopale et sacrements pendant la pandémie

Je suis surpris par le 3§ de la réponse “Qui décide ?”. Il me semblait que les conférences épiscopales n’avaient pas d’autorité propre et que le résultat de leurs travaux devaient être validés par chaque évêque avant mise en application dans son diocèse. Qu’en pensez-vous ?

Oui, mais.

Oui, ce n’est pas la Conférence épiscopale qui a une autorité propre, ce sont les évêques qui la composent, chacun pour son diocèse. D’ailleurs, dans le paragraphe 2, nous n’avons pas cité les conférences épiscopales dans la hiérarchie des autorités.

Mais, une conférence épiscopale, c’est un organe de discussion et de coordination entre évêques d’une même sphère géographique – pays, voire continent – sur des sujets qui dépassent leur diocèse. Elle est légitime pour cela. Une épidémie, cela dépasse clairement les limites d’un diocèse. Des mesures sanitaires nationales également. Donc, si des évêques prennent la peine de se coordonner et de prendre une position commune, puis que chacun n’en fait ensuite qu’à sa mitre, quel sens cela a-t-il ? Dans l’esprit de la collégialité épiscopale, aucun.

On trouvera toujours des cas où une conférence épiscopale a pris des positions communes et où tel ou tel évêque qui la compose a fait autrement. C’est un fait. Mais, en l’occurrence, nous n’avons pas connaissance d’un évêque français qui aurait publiquement affirmé ne pas appliquer les mesures sanitaires proposées par la CEF dans son diocèse. Si un lecteur en connait, qu’il nous le fasse savoir en sourçant une information publique.

Dans le monde nous n’avons connaissance que d’un cas, à Melbourne en Australie. Par conséquent, si un curé ou un fidèle n’en fait qu’à sa tête en refusant les décisions que son évêque applique, fut-ce via des mesures de sa conférence épiscopale, cela ne change rien à l’affaire. C’est bien à son évêque qu’il n’obéit pas.

Sur le fond, les mesures sanitaires en question permettent de se conformer à la loi du pays et à la liberté de culte de s’exercer. Nous avons assez souffert d’être privés de sacrements pendant le confinement et on a vu à quel point il a fallu se battre jusqu’à la plus haute juridiction de l’Etat pour pouvoir à nouveau célébrer et prier normalement. Que cherchent nos contradicteurs ? A ce que les messes soient à nouveau interdites ?

Des prêtres courageux ont pris le risque d’interpréter très libéralement la loi (et le Conseil d’Etat a fini par leur donner raison), pendant les 15 premiers jours du déconfinement, alors que les messes étaient encore injustement interdites. Ils ont ainsi donné la possibilité à des fidèles de pouvoir participer à l’Eucharistie et communier. Ils l’ont fait pour nous permettre de bénéficier de la grâce du Sacrement de communion. Mais militer contre les décisions de l’évêque et contre la loi civile pour refuser le Sacrement, nous ne voyons pas, encore une fois, ce que cela a de catholique.