Concubinage

Les époux catholiques peuvent-ils se séparer ?

L’Eglise et ses pasteurs ne devraient-ils pas dire que vivre en concubinage est un péché grave, au même titre que l’adultère?

Il est tout à fait exact du point de vie de l’Enseignement de l’Eglise de dire que le concubinage est un péché grave, qui n’a rien d’anodin. Dire que sa gravité est « au même titre » que l’adultère n’est en revanche pas juste. Du moins dans le cas où les concubins ne sont pas divorcés ou ayant été mariés précédemment (auquel cas, leur situation reviendrait à un adultère). Les deux types de couples ne sont pas comparables, ne serait-ce que dans leur dynamique :

  • Dans le cas d’un adultère, il n’y a rien d’autre à faire qu’à y mettre fin et de couper la relation (sauf à pouvoir obtenir que son mariage soit nul mais ce n’est pas le cas que nous traitons ici)
  • Dans le cas d’un concubinage, les protagonistes sont appelés à s’engager de façon pérenne devant l’Eglise, soit l’inverse de l’adultère.

Il est donc fondamental que les pasteurs ou même chrétiens engagés de l’entourage d’un couple concubin rappellent que leur situation n’est pas droite au regard de l’Evangile et de l’Enseignement de l’Eglise. En 1 Co 6, 12-20, St Paul a des propos sans équivoque sur ce qu’il faut bien appeler la « fornication » (porneia en grec, terme qui a donné « pornographie »).

Ceci dit, force est de constater que de nombreux contemporains, y compris parfois catholiques pratiquants, vivent en concubinage. Il est donc important, pastoralement:

  • De leur rappeler l’Enseignement de l’Eglise
  • De les encourager à se poser la question du mariage et de s’y préparer. La question est délicate : même s’ils vivent ensemble depuis des années, il n’est pas sûr que les conditions d’un mariage chrétien soient réunies. C’est au prêtre vers qui ils se tourneront ou l’équipe de préparation au mariage qui les accueillera de le discerner
  • S’ils refusent de se marier – ce sera souvent un des deux plutôt que l’autre – de les amener, avec bienveillance mais vérité, à s’interroger sur ce refus. Pourquoi refusent-ils ? La question est aigüe pour des couples vivant ensemble depuis plusieurs années, qui ont des enfants, ont acheté un appartement ensemble etc : l’un des deux se réserve-t-il la possibilité d’aller voir ailleurs au cas où ? Est-ce la peur de l’échec, surtout s’ils en ont des exemples douloureux dans leur entourage ? Une révolte secrète contre l’Eglise comme figure d’autorité ?
  • En outre, s’ils refusent de se marier, le sens même de ce qui construit leur couple peut être interrogé. S’ils n’ont pas de projet pérenne ensemble, surtout s’ils sont jeunes et n’ont pas d’enfants ensemble, est-il souhaitable qu’ils restent ensemble ?

Ce cheminement demande du temps, de la prudence, des relations de confiance et de la bienveillance. Pour les plus jeunes et les plus ouverts au message de l’Eglise, il serait maladroit d’accompagner un couple en concubinage en vue d’un projet de mariage et de la fondation d’une famille de la même manière qu’un autre sans projet pérenne.

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