Conception virginale et salut du Christ (2/3)

Comment peut-on croire que Marie a pu être enceinte en étant vierge ? N’est-il pas plus logique d’admettre que c’est Joseph le père de Jésus ? (2/3)

Comme vu au précédent article, Jésus n’est donc pas le fils de Joseph dans la Bible et rien n’indique qui serait son père, hormis une conception « venue de l’Esprit-Saint » dans une femme n’ayant pas eu de rapport avec un homme. En outre, Jésus parle de son « Père », jamais d’un père humain.

Nous avons déjà évoqué que l’Eglise a très tôt affirmé ce dogme malgré le scepticisme et les sarcasmes venus de ses interlocuteurs. C’était déjà le cas au Concile d’Ephèse en 431, de Tolède (675), Francfort 794.

Les objections en question sont de différentes sources et différentes sortes, parfois contradictoires :

  • Objection païenne et rationaliste. Ce type de naissance est impossible. Mais alors, comme le dit Origène contre le païen anti-chrétien Celse, si Jésus n’est qu’un simple homme, Il ne peut nous apporter le salut. Et si on rejette la conception virginale sous prétexte qu’elle n’est pas possible, comment croire à la résurrection, tout aussi impossible ? Comme disait Rahner : la porte scellée de la vierge et le tombeau scellé sont les deux signes que la vie de Dieu passe par delà les obstacles naturels
  • Contrairement à des explications pseudo-scientifiques qui ont cours actuellement, la conception et la naissance du Christ n’ont pas de parallélisme dans les mythes païens. Les naissances de héros issus d’un rapport insolite entre un dieu et une mortelle (pluie d’or, dieu métamorphosé en cygne etc) n’ont rien à voir. Dans le cas du Christ, il n’y a pas de rapport du tout : Marie est vierge et elle le reste ensuite, pendant sa grossesse, au moment de la naissance de Jésus etc
  • Objection juive, comme dans la controverse de Justin contre Tryphon. En général, Jésus est accusé d’être illégitime. Comme déjà indiqué, cela aurait été dit dans la Bible mais c’est surtout un moyen de nier la divinité du Christ. Là est le cœur du problème : nier la conception virginale, c’est nier que Jésus est bien le Sauveur
  • Objection « nestorienne » et d’autres hérésies chrétiennes, comme dans la controverse de Tertullien contre Marcion.  Cette fois-là, c’est l’Incarnation qui est niée. Si le Verbe s’est « seulement posé » dans Marie, qu’Il n’est pas vraiment homme, ce n’est pas lui qui meurt et Il n’est pas ressuscité. Et, comme le dit St Paul, si le Christ n’est pas ressuscité, « notre foi est vaine ». Il n’apporte pas le Salut
  • Objection inverse, adoptionniste. Jésus serait un homme que Dieu « adopte » comme son fils. St Irénée a particulièrement combattu cette idée qui revient à la première objection.  « Jésus est Dieu fait homme et non homme fait Dieu ». Autrement, Il ne peut nous sauver de la mort plus que n’importe quel sage ou gourou.

On le voit, nier la conception virginale conduit fatalement à nier des aspects décisifs de la foi chrétienne. Au final, cela finit par nier que le Christ est le Sauveur et sa résurrection d’une manière ou d’une autre. C’était observable dès les débuts de l’Eglise et cela se vérifie encore.

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