Conception virginale et liberté humaine (3/3)

Comment peut-on croire que Marie a pu être enceinte en étant vierge ? N’est-il pas plus logique d’admettre que c’est Joseph le père de Jésus ? (3/3)

Un aspect moins abordé de la question est ce que la conception virginale implique de la liberté humaine. L’ «  être saint » que Marie conçoit, par le St Esprit, est, nous l’avons vu dans l’article précédent, un salut venu de Dieu. Et il ne pourrait pas l’être si c’était un enfant purement humain né d’un homme et d’une femme. Mais ce n’est pas un sauveur divin que Dieu « plaque » en quelques sortes sur notre humanité. La liberté humaine est en effet garantie par le fait que Jésus, par Marie, est un homme, le Nouvel Adam de St Paul. Comme le dit Irénée : « [Dieu] a mélangé et uni, comme nous l’avons déjà dit, l’homme à Dieu. Car si ce n’était pas un homme qui avait vaincu l’adversaire de l’homme, l’ennemi n’aurait pas été vaincu en toute justice… si ce n’était pas Dieu qui nous avait octroyé le salut, nous ne l’aurions pas reçu de façon stable ». St Anselme explique plusieurs siècles plus tard que l’humanité prend ainsi part au salut. Elle ne le subit pas.

Le même argument peut être employé pour la Vierge, Nouvelle Eve. Si elle avait conçu son enfant dans des relations normales avec Joseph, cet enfant serait né selon les processus normaux de la génération, de façon assez déterminée, au hasard de la fécondation. Par son « oui » au message de l’Ange, en revanche, Marie s’engage elle-même dans le plan du salut et personne ne le fait à sa place. Et, ce faisant, elle atteste un engagement libre de l’humanité. Elle aurait pu dire non à l’Ange alors qu’elle n’aurait pu éviter éternellement d’avoir un enfant dans des relations maritales normales. Son fiat est donc un acte de pure liberté, comme le rappelle Rahner en évoquant une « maternité libre, totalement humaine… force de l’avènement libre, naissant d’une pure initiative de la grâce divine ».

Par sa conception virginale, Marie assure donc une coopération libre de l’humanité au salut de Dieu.

 

Conception virginale et liberté humaine (3/3)
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