Compétences des prêtres sur la vie sexuelle

Comment les prêtres, des hommes qui ne sont pas mariés et qui n’ont pas (dans le meilleur des cas) de relations sexuelles peuvent-ils se permettre de dire aux gens ce qu’ils doivent faire dans leur vie sexuelle?

Tout comme le fait la question, nous écartons d’emblée le cas des prêtres qui mènent une double vie. De fait, ces derniers ne sont pas les mieux placés pour dire aux gens ce qu’ils doivent faire en la matière.

Nous n’épiloguerons pas non plus sur le cas de ceux qui ont eu une expérience de vie sexuelle avant leur vocation sacerdotale. Les vocations tardives sont devenues courantes, donc le cas n’est pas rare. Certains hommes veufs sont parfois ordonnés prêtres.

Prenons donc le cas « standard » de prêtres célibataires et réellement chastes. Ils ne sont donc pas mariés et n’ont pas de relations sexuelles. Cela ne les rend pas plus incompétents ou illégitimes pour éclairer les fidèles sur ces points, au contraire. Un prêtre entend, en particulier en confession, les problèmes intimes des gens. Il est même un des rares interlocuteurs masculins auprès de qui les femmes peuvent avoir une parole libérée et sincère.  Peu d’hommes vont leur apporter une écoute aussi attentive, la plus impartiale possible et bienveillante. Donc, rien que sur le plan anthropologique, le prêtre est tout particulièrement en position d’aider ses fidèles. D’ailleurs, on ne demande pas à un psy ou un coach d’être marié ou de justifier d’une activité sexuelle pour le considérer comme compétent : ce sont sa qualité d’écoute et éventuellement les retours ou conseils qu’il donne qui justifient de faire appel à lui.

Sur le plan spirituel, le prêtre a reçu l’onction du sacrement de l’Ordre, lui conférant la grâce spéciale de l’Esprit Saint pour être pasteur et guider ses frères. Ce sacrement remonte au Christ qui a institué les Apôtres et leur a imposé les mains. C’est dans le Nouveau Testament, spécifiquement dans les Epîtres à Timothée et Tite, ainsi que celles de Jean, qu’on voit que les « épiscopes » institués pour guider une église locale, ordonnent des « presbytres » (« anciens » en grec) pour les seconder. L’enracinement est donc biblique.

En outre, le prêtre a reçu une formation en théologie et philosophie d’au moins six ans. Il a donc le bagage intellectuel et moral pour conseiller ceux qui font appel à lui, et leur dire quoi faire pour bien faire (ce qui est la définition philosophique de l’éthique). Ses capacités humaines ont été vérifiées pendant les années de séminaire ou de scolasticat (pour les religieux). Le texte le plus récent du Pape François sur la formation des futurs prêtres, Ratio Fundamentalis sacerdotalis (2016), insiste encore davantage sur leur formation humaine. Enfin, il est aussi formé et ordonné pour pratiquer la direction spirituelle.

 

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