Communier sous les deux espèces

Pourquoi ne donne-t-on la communion que sous une espèce? Est-ce uniquement pour des questions pratiques, ainsi qu’on me l’a déjà “expliqué”? J’avoue que l’explication et son auteur ne m’ont guère convaincus…Merci d’éclairer ma lanterne faiblarde.

Et pourtant, l’aspect pratique est bien dominant dans le fait de communier sous une seule espèce, même si ce n’est pas le seul. Le lecteur voulant un commentaire détaillé lira avec profit cet article émanant de la Conférence des évêques de France : « La communion sous les deux espèces », http://liturgie.catholique.fr/accueil/la-messe/les-rites-de-communion/5009-la-communion-sous-les-deux-especes/.

Pour faire court, rappelons quelques arguments :

– La communion sous une espèce est une communion complète et valide
– De ce fait, la communion des malades en dehors de la messe l’est également. Autrement, il faudrait les faire communier aussi sous les deux espèces, avec tous les problèmes tant pratiques que médicaux que cela peut soulever
– Communier sous une espèce ne signifie pas toujours communier au Corps du Christ. Des circonstances peuvent amener à ne communier qu’au Précieux Sang (médicales, d’urgence, l’article donne l’exemple de bébés recevant la communion, ce qui est le cas en même temps que leur baptême dans les églises orthodoxes, etc)
– C’est depuis le Moyen-Age qu’on communie au Pain consacré, d’abord pour des raisons pratiques (cf. la référence à St Thomas d’Aquin)
– L’hérésie hussiste, puis les Protestants, ont exigé de communier sous les deux espèces, ce qui a conduit le Concile de Trente à radicaliser le point de vue catholique, à savoir de n’autoriser à communier qu’à la Sainte Hostie.
Ce que l’article auquel nous nous référons ne détaille pas, c’est que contrairement à ce qu’affirme l’auteur de la question, il est tout à fait possible de communier sou les deux espèces. Cela arrive tous les jours dans bien des messes de communautés religieuses, ouvertes aux fidèles laïcs : jésuites, dominicains, Carmels, maristes etc.  Mais aussi dans de grands rassemblements, le plus souvent par intinction.

Nous suggérons donc à nos lecteurs de se rapprocher de ces communautés et de fréquenter avec ferveur et assiduité l’Eucharistie, y compris autant qu’ils le peuvent en semaine.

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