Communier avec une custode?

Je ne comprends pas que dans la période de confinement vous, l’Eglise, ne promeut pas – ce que quelques Evêques ont proposé – de communier en usant d’une cupule/custode réalisée à cet effet pour ceux qui le désirent, conciliant à la fois le respect des consignes sanitaires, le souci de respect que le fidèle peut avoir et que vos réponses semble quelque peu ignorer (ce que ne fait pas l’Eglise, qui n’a simplement pas été confrontée par le passé à de telles consignes civiles) et la facilitation du portage de la communion à ceux qui doivent rester confinés, ce qui me paraît un manque de charité ?

Nous ne sommes pas sûr d’avoir compris la question et nous allons nous efforcer de la décortiquer pour y répondre au mieux.

1° « Je ne comprends pas que dans la période de confinement vous, l’Eglise, ne promeut pas – ce que quelques Evêques ont proposé »

Ce que nous ne comprenons pas, nous, c’est pourquoi nous sommes apostrophés comme « l’Eglise ». Personne, à www.reponses-catholiques.fr ne prétend être « l’Eglise » et nous disons bien qui nous sommes : https://www.reponses-catholiques.fr/qui-sommes-nous-2/.

Par ailleurs, quels sont ces évêques qui ont proposé de communier avec une custode ?

2° Sur la communion avec une custode

De fait, elle pourrait correspondre aux consignes sanitaires. Nous avons d’ailleurs vu parfois des fidèles, lors du premier déconfinement, communier en se faisant déposer le Corps du Christ dans un linge blanc, voire un kleenex (nous n’en voyons pratiquement plus depuis le deuxième confinement). Mais nous ne comprenons pas ce que cela apporte. Le fidèle espère-t-il moins prendre le risque de contaminer le ministre de la communion s’il est malade ? Mais, encore faut-il, qu’il n’ait pas manipulé le linge (ou, donc, la custode), avant de se laver les mains. Et, s’il se lave les mains avant de communier, le risque est faible dans tous les cas. Pense-t-il moins risquer d’être infecté si le ministre de la communion est contagieux ? Mais, comme ce dernier a touché l’hostie consacrée, nous ne saurions dire si la faire transiter dans un linge ou une custode limiterait la transmission du virus, puisqu’au final, elle atterrit dans la bouche du fidèle. Et, s’il touche la main du fidèle en lui remettant le Corps du Christ, il s’est soigneusement lavé les mains avant.

N’oublions pas que, linge, custode ou à la main, il faut communier dans le champ de vision du ministre de la communion. Est-ce qu’un linge ou une custode permettraient de dissimuler plus facilement une hostie et de partir avec ? La question est ouverte. Donc, ce procédé est au mieux neutre en termes de sécurité, par rapport à un mode de communion normal.

En revanche, certains utilisant ce fameux linge blanc, gobent l’hostie consacrée. Cela nous parait difficile avec une custode, qui a une petite profondeur et un clapet. Il y a trop de risque de faire tomber l’hostie.

3° Sur le portage de la communion à ceux qui doivent rester confinés

Nous avons encore moins compris cette allusion. Bien sûr que, pour porter la communion aux malades, on utilise une custode ! Nous en profitons d’ailleurs pour encourager nos lecteurs à rendre ce très beau service d’Eglise, que ce soit en aumônerie d’hôpital, en EHPAD ou chez des particuliers. Mais ce n’est pas fait n’importe comment et par n’importe qui. C’est un véritable ministère de communion, pour lequel le ministre extraordinaire doit venir se faire connaitre auprès du curé ou des personnes chargées de l’accueil à la paroisse,  déposer sa custode sur l’autel avant le début de l’Eucharistie, et se la faire remettre après bénédiction par le célébrant en fin de messe. Comme pour le ministère de communion pendant la messe ou le lectorat, le curé doit approuver les personnes qui le font.

Nous ne voyons donc pas le rapport avec l’usage d’une custode pendant la communion. La custode pour les malades ne pouvant venir à la messe est sur l’autel pendant ce temps-là.

Par ailleurs, il faudra bien ensuite que le malade puisse recevoir la sainte hostie d’une manière ou d’une autre. On en revient au même point.

4° « L’Eglise, qui n’a simplement pas été confrontée par le passé à de telles consignes civiles »

Ce n’est pas tout à fait exact. Elle a pu être confrontée à certaines consignes lors d’épidémies. Pendant celle de grippe espagnole, plusieurs préfets ont pris des mesures pour interdire des rassemblements religieux et processions. Ils n’ont pas osé interdire purement et simplement les messes, vues (déjà) les protestations, mais il y a eu des tentatives. On voit des photos de l’époque où des gens portaient des masques. Et, on a oublié les quarantaines en Europe. Des églises peuvent y avoir été soumises, comme le reste de la population, ailleurs ou à des périodes plus anciennes.

5° « Le souci de respect que le fidèle peut avoir et que vos réponses semble (sic) quelque peu ignorer (ce que ne fait pas l’Eglise… »

C’est encore plus nébuleux pour nous. Quel serait le respect que nous n’aurions pas et que l’Eglise aurait ? Et, en quoi toutes ces complications seraient plus respectueuses que de communier comme nous l’enseigne notre Sainte Mère l’Eglise ?