Comment peut-on croire à un récit mythologique comme la Genèse?

Adam et Eve peints par Rubens

Voilà le coeur du reproche que la modernité fait à l’Eglise: adhérer par la foi à des textes dont la “science” aurait démontré qu’ils étaient faux.

Cependant, ce reproche ne tient pas. Le récit de la Genèse n’a pas vocation à expliquer scientifiquement comment se sont passés les premiers instants de la vie sur terre. Il n’y a pas à choisir entre les premiers chapitres du livre biblique de la Genèse et le “big bang”!

Ce que le récit biblique nous apprend – et que nous croyons de foi certaine, comme étant une révélation de Dieu Lui-même -, c’est que Dieu est le créateur de toute chose. Il est le seul à avoir créé ex nihilo (à partir de rien), alors que, lorsque des savants nous signalent avoir “créé” les conditions de la vie en laboratoire, ils ont simplement réordonné des atomes et des molécules pour produire celles qui sont nécessaires à la vie – ce qui est déjà énorme, mais n’est pas une création au sens propre du mot, puisqu’ils ont utilisé une matière pré-existante.

Par ailleurs, le récit biblique (du moins le deuxième récit de la Création) nous apprend que toute la création terrestre a été faite en vue de l’homme, qui est donc le chef et le sommet de cette création et qui a pour mission de la diriger et de la dominer (ce qui, en notre temps d’écologisme parfois violemment anti-humaniste, mérite d’être rappelé).

Le récit biblique nous rappelle encore que la femme est la “chair de la chair” de l’homme et qu’elle n’est donc pas une créature inférieure, comme, encore de nos jours, trop d’hommes ont tendance à le croire.

Enfin, le récit biblique nous apprend le dogme du péché originel: nous avons contracté, dès notre engendrement, un “péché”, duquel nous ne sommes pas responsables, qui trouve sa source dans le désir d’Adam et d’Eve “d’être comme des dieux” (selon la promesse du Tentateur). Lorsque nous prétendons être notre propre créateur, nous renouons avec ce péché originel. Et,en même temps que la mauvaise nouvelle du péché originel, par qui la mort et la souffrance sont entrées dans le monde, nous apprenons aussi la bonne nouvelle (en grec, cela se dit “évangile”…) du salut, puisque Dieu promet que la descendance de la femme (le Christ) écrasera le serpent (figure du démon).

Tout ceci, nous le croyons, en effet, de foi certaine. Mais je défie tout scientifique sérieux de prouver que cela est contraire aux connaissances scientifiques actuelles. Il est bien évident que le genre littéraire des premiers chapitres de la Bible n’est pas le genre littéraire d’un article de revue scientifique à comité de lecture!

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