Comment comprendre Dieu ?

Question éternelle !

Pour commencer, une première mise en garde du grand écrivain catholique Flannery O’Connor. « Un Dieu que vous comprendriez vaudrait moins que vous ! », dit-elle à un de ses correspondants. C’est là un premier pas dans cette découverte, très paradoxale j’en conviens. Il a peut-être été celui des premiers hommes qui se sont éveillés à la connaissance vraie de Dieu : « Il y a quelqu’un, plus grand que moi, plus grand que tout ce que je peux en penser ou en dire… », au-delà de la nature, des visions, des mythes, etc.

Dès ce premier instant, il convient de s’engager résolument sur ce chemin de purification, de purgation, pour écarter tout ce qui n’est pas Dieu, et qui l’enfermerait dans les limites humaines. Saint Augustin le dit à sa façon : « Que pourrions-nous dire de Dieu, frère ? Si tu as saisi ce que tu veux dire, ce n’est pas Dieu. Si tu as pu comprendre, c’est autre chose que Dieu. Si tu as cru comprendre, tu as été trompé par tes réflexions. Par conséquent, ce n’est pas lui si tu as compris, et si c’est lui tu n’as pas compris » (Sermon 52)

On peut mieux comprendre alors pourquoi il n’y a pas de « preuves » de l’existence de Dieu, au sens strict. L’intelligence n’est saisie que parce qu’en moi s’élève un mouvement de l’être, un dégagement de moi-même qui est un engagement, un risque ou un « pari » comme l’a suggéré Pascal. Dieu n’est pas une idée. Tout homme est capable de cette découverte (concile Vatican I), mais seule la grâce le rend capable de la foi, c’est-à-dire d’entrer en relation avec lui (Catéchisme, n. 35).

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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