Comment Adam et Eve savent-ils qu’ils font le mal?

Avant de désobéir et de manger le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, comment Adam et Ève pouvaient-ils savoir qu’il est mal de désobéir ?

Adam et Eve avaient reçu de pouvoir manger de tout, sauf des fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Ils pouvaient même manger des fruits de l’arbre de vie, qui leur aurait donné l’immortalité. Ils étaient doté d’intelligence et du savoir intellectuel. C’est Adam qui est en charge de nommer les créatures, ce qui est un travail de classification « scientifique » (Aristote a fait de même en classifiant tous les éléments du cosmos en “catégories”, pour bâtir son système de pensée philosophique).

Ils pouvaient donc comprendre intellectuellement que Dieu leur avait tout donné, y compris l’immortalité s’ils le voulaient, et qu’Il est donc parfaitement bienveillant. Dieu se promène dans le jardin en Gn 3 et Il appelle Adam. L’être humain était donc en lien étroit, en intimité, en amitié avec Dieu qu’il pouvait « fréquenter ».

Ils avaient donc le discernement nécessaire pour détecter les demi-mensonges du Serpent. Ils étaient en relation suffisante avec Dieu pour voir qu’Il ne voulait que leur bien et ne pas écouter une autre voix qui leur laisse entendre qu’il y a concurrence entre Dieu et eux. Quand le Serpent  leur dit « Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » (Gn 3, 5), ils se font les rivaux de Celui qui les a créés et sans qui ils n’existeraient même pas.

Non seulement leur raison, mais aussi leur amour pour Dieu auraient dû les convaincre de l’absurdité de l’entreprise. Et, ce qui caractérise le mal, c’est justement d’être absurde. C’est donc sur le plan existentiel, relationnel et rationnel que se situe le mal radical. Le péché est d’abord existentiel, c’est-à-dire de refuser le don de Dieu, avant d’être éthique.

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