Comment accompagner un animal en fin de vie?

Je voudrais vous poser une question qui me travaille beaucoup quoiqu’elle vous semblera peut être bien anodine. Je possède une vieille chatte (presque 18 ans) qui va mal depuis près d’un an avec des hauts et des bas. Aujourd’hui et depuis quelques mois, son état s’est considérablement délabré. Elle est maigre, sale car elle se lave peu, son poil est collant, elle ne voit plus d’un œil et devient sourde, mais surtout elle ne va plus dans son bac et fait partout dans la maison (nous sommes obligés de la laisser dans le jardin le jour ou dans le garage la nuit). Elle a une démarche fort hésitante. Par contre dès qu’elle me voit elle réclame à manger en miaulant tout bas. Elle me parait triste mais est-ce un effet de mon imagination ? Je ne sais que penser. J’aime beaucoup cette petite chatte qui a été ma compagne durant des années. La mener chez le vétérinaire me semble un acte cruel et égoïsme. (Il faut savoir que j’ai une forte tendance à la culpabilité). Mon mari me dit qu’elle souffre sans doute mais nous n’en savons rien. Pensez vous que mettre fin à ses jours serait une façon de m’en débarrasser ? Ce qui est difficile aussi pour moi c’est que je suis en mauvaise santé (hospitalisée pour le cœur il y a encore quinze jours) et surtout je souffre d’une malade musculaire invalidante et douloureuse depuis plus d’un an qui m’handicape quand je dois faire la moindre chose. N’est ce pas une excuse que je me cherche ? Je n’y vois plus clair … Avons nous le droit de mettre fin à la vie d’un animal ou faut-il le laisser mourir de façon naturelle ? Pourriez-vous m’aider à faire le point sur cette situation qui me perturbe profondément ? Je vous remercie sincèrement de votre réponse.

Que les mammifères (et donc les chats) ressentent la douleur et donc souffrent, c’est un consensus dans la communauté scientifique. Qu’ils ressentent des émotions telles que la peur, la joie, de l’affection est incontestable aussi, même si le degré de ce ressenti et le fait qu’il aille jusqu’au sentiment est très discuté par les spécialistes.

Nous ne sommes pas compétents pour nous prononcer sur ce point. Mais il est sûr que, en théologie catholique, le soin porté à la Création inclut le soin pour un animal de compagnie. Un chrétien doit donc éviter de faire souffrir inutilement un animal et tenter de le soulager.

Par conséquent, il nous semble indispensable d’aller consulter le professionnel compétent pour cela, à savoir le vétérinaire. Il est le mieux placé pour dire comment soigner cette chatte. Peut-être qu’il préconisera de l’euthanasier, cela se fait pour les animaux qu’on ne peut aider. Mais il pourra peut-être proposer autre chose pour soulager cet animal et le laisser terminer sa vie naturellement le mieux possible. 18 ans, c’est déjà un bel âge pour une chatte.

Elle souffre certainement de ne pas être en bonne santé et de vieillir mais on ne sait pas à quel degré. Donc la première attention à lui apporter, c’est de consulter un professionnel. Cela ne veut pas dire de suivre aveuglément ce qu’il recommandera mais, au moins, les décisions à prendre ensuite pourront se faire à l’éclairage de son expertise.

Enfin, il n’y a pas lieu de culpabiliser inutilement devant un processus de vieillissement qui est, sommes toutes, naturel. Le tout est de faire de son mieux et d’accompagner ce grand âge, avec le soin, mais aussi la juste distance nécessaires.

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Commentaires

  1. klinadnlek

    Pourquoi faire souffrir davantage ce pauvre animal ? Cet animal souffre ! Qu’attendez
    -vous ? Il faut le faire euthenasier …..

  2. emanuelle

    Je me suis retrouvée, à deux reprises, dans des situations semblables. La 1ère petite chatte a souffert d’un cancer de la machoire ( non diagnostiqué par un vétérinaire véreux qui lui administrait des traitements inutiles et coûteux, ne voyant pas d’amélioration, j’en ai consulté un autre qui en quelques secondes, m’a annoncée la terrible nouvelle), elle ne s’alimentait plus, saignait, et se cachait dans des endroits où elle n’allait pas habituellement et souvent en hauteur. Ce second vétérinaire ne m’a pas caché qu’il n’y avait pas d’espoir, que je devais me résoudre à la faire euthanasier pour qu’elle ne souffre pas plus longtemps. La 2ème avait des symptômes semblables à la vôtre : amaigrissement, poil très terne et plat (alors qu’elle était semi-angora) et légèrement poisseux, perte d’appétit, faiblesse musculaire… J’ai mis tous ces symptômes sur le signe d’une fatigue passagère mais avec le recul, je pense que je j’ai eu peur de voir la vérité. Cette inconséquence lui a coûté la vie ( même si je ne pense pas qu’elle aurait pu aller plus loin plus longtemps), elle a sauté du balcon de ma chambre pour rejoindre la fenêtre du salon, mais ces 2 fenêtres étant séparées par un “vide” ; sa très grande faiblesse, ou le fort vent de ce jour là , l’a empêchée d’atteindre son but, elle a donc chuté mortellement du 6ème étage. Je me le suis toujours reproché. Je ne m’était jamais posée la question de savoir si je commettais une faute envers Dieu, jusqu’à aujourd’hui où j’ai lu votre questionnement. Je n’ai pourtant pas l’impression que l’amour et le respect que l’on portent à nos animaux soit bien interprété dans l’Eglise, surtout quand je constate l’indifférence que cela provoque envers les membres de ma paroisse lorsque je parle de mon amour pour les animaux. J’ai d’ailleurs lû quelque part sur internet, je ne sais plus sur quel site, qu’il n’était “pas bien” (ce n’était pas le terme exact) “de consacrer du temps et de l’argent pour les animaux et qu’il valait mieux les consacrer aux pauvres ” (comme si on ne pouvait pas faire les 2!). J’avais trouvé cette “exhortation” injuste et cruelle, d’autant que je ne peux croire que Dieu a créé ces animaux dans le but que nous les méprisions et encore moins pour leur faire du mal. Je n’ai pas de réponse quant à savoir si l’euthanasie sur les animaux est un crime envers Dieu, puisqu’il s’agit tout de même d’une partie de Sa Création (dans ce cas, c’en est un aussi lorsque l’on tue une araignée ?), mais ce dont je suis sûre, c’est que l’animal souffre, tout comme nous (il pousse bien un cri quand on lui marche sur la patte ou la queue, c’est donc qu’il ressent la douleur! ) et contrairement à nous, il ne peut nous dire où il a mal ni se soigner par lui même. C’est donc à nous de faire ce qui est le mieux et le plus humain pour lui et de ne pas être égoïste ni lâche en voulant le garder le plus longtemps possible avec nous. Personnellement, je ne me sentirai plus la force ni le courage de prolonger inutilement la vie de ma petite bête Je vous souhaite bon courage et que Dieu vous guide.

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