Catéchisme à la maison

Quelles sont les démarches à accomplir, s’il y en a, pour pouvoir enseigner soi-même, en tant que maman, le catéchisme à son enfant, qu’il puisse faire sa première communion sans souci ?

Il y a deux aspects dans cette demande: la dimension théologique et la dimension ecclésiale.

1° Pour le dire autrement, sur le premier point, une mère de famille peut bien sûr acheter une méthode de catéchisme et former son enfant. Cela pose cependant une question: quelle est la compétence, tant pédagogique que théologique de cette personne? Qui sera garant de la solidité de sa doctrine? Et tout simplement de sa propre formation catéchétique?

Combien de personnes des générations X et Y se plaignent d’avoir perdu la foi après des années dans les mains de “dames caté” mal formées et transmettant un christianisme indigeste? Les choses ont heureusement changé de nos jours, du moins dans certaines paroisses. On ne confie le catéchisme qu’à des personnes ayant suivi des formations diocésaines de bon niveau, voire des cursus théologiques de niveau bac + 2 ou 3 (ISTR, IPER, Croire et comprendre etc).

Cette mère de famille a-t-elle validé ses propres compétences par un diplôme canonique ou, au moins, un cursus diocésain? Est-elle supervisée par un prêtre, des responsables de formation du diocèse, au minimum un mouvement d’Eglise sérieux? Car ce n’est pas tout de transmettre ce qu’on a appris. La foi de l’Eglise est vivante et doit être tenue à jour. Que va, par exemple, enseigner quelqu’un sur la doctrine sociale de l’Eglise en matière d’écologie ou de transhumanisme, à partir du caté de son enfance? Alors qu’on sait à quel point ces sujets sont cruciaux pour le développement intégral de jeunes abreuvés de numérique et d’idéologies mortifères sur ces thèmes? Comment va-t-elle intégrer la pensée des Papes récents, les derniers textes du Magistère – à commencer par Christus vivit, qui concerne spécifiquement les jeunes – si elle n’en a elle-même rien reçu?

Le risque est autrement grand de se faire son petit caté perso. Au bout du bout, cela devient un mini-schisme.

2° Venons-en à la partie communautaire. Le catéchisme permet d’accéder aux sacrements. C’est l’Eglise, via ceux qui ont reçu mandat pour le faire, qui reçoit quelqu’un dans un sacrement. Ceux qui ont reçu mandat pour le faire, s’agissant de la Première communion, ce sont le curé de la paroisse, sur proposition des catéchistes. Comment le curé pourra-t-il discerner pour un enfant qui ne sera pas allé au catéchisme de la paroisse? Et dont la catéchiste, la maman, est forcément peu objective?

Un chrétien seul est un chrétien en danger. C’est déjà vrai pour un enfant, qui ne sera pas, de ce fait, initié à la vie communautaire de sa paroisse: messes des enfants du caté, retraites, rencontres, actions caritatives etc. Cela fait partie de la formation catéchétique autant que l’enseignement proprement dit. Comment l’enfant de cette personne y sera intégré? A qui l’enfant va-t-il se confesser au moment de sa Première communion? A un prêtre qui ne le connait pas?

Bien sûr, comme en matière scolaire, certains enfants ont des spécificités et sont mieux éduqués à la maison. Cela pour des raisons sociales, psychologiques ou médicales. Rappelons cependant que des méthodes de catéchisme d’enfants ayant de grandes difficultés, voire des handicaps lourds, existent, et que des catéchistes spécialement formés peuvent les employer. Des mouvements comme Foi et lumière peuvent être de bon conseil.

En résumé, à tout le moins, cette mère de famille, devrait:

  • être formée dans un cursus reconnu dans l’Eglise, et non seulement dans des mouvements à la marge, voir hors de la communion ecclésiale
  • discerner avec son curé la meilleure façon d’intégrer son enfant à la communauté paroissiale et de lui donner accès aux sacrements
  • être supervisée par un prêtre de sa paroisse ou une personne de la pastorale de la formation. Au minimum dans un mouvement sérieux et sans conteste dans la communion de l’Eglise , si ce n’est pas en paroisse.

 

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