Canon des Ecritures

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Question: Si des recherches archéologiques permettaient de découvrir un livre oublié écrit par l’un des Apôtres, pourrait-il être ajouté au canon des Ecritures ?

La constitution du canon est une question complexe. Pour faire très simple, un certain nombre de critères ont été utilisés au fil des siècles pour sélectionner les livres du Nouveau Testament :

  • l’attribution, au moins plausible, du livre à un Apôtre ou son proche collaborateur (selon les Actes des Apôtres, St Marc était un collaborateur très proche de St Pierre, St Luc est cité comme compagnon de St Paul). Cela écarte les textes trop tardifs, à partir du IIe siècle, ce qui est le cas de la plupart des textes apocryphes (notons que certains exégètes affirment que certains textes canoniques datent aussi du IIe siècle. Mais cela ne fait pas consensus). Pour cela, les exégètes étudient le style, la cohérence avec d’autres écrits ou les éléments connus de la vie de l’apôtre en question, etc.
  • le contenu théologique . La plupart des apocryphes véhiculent une pensée gnostique vigoureusement combattue par l’Eglise dès les Ier et IIe siècles, par exemple par St Irénée.
  • La sobriété et le sérieux. L’emphase sur le merveilleux et des miracles « tape à l’œil » des apocryphes les a rendus peu crédibles pour l’enseignement et l’édification des fidèles. Ainsi, le Protévangile de Jacques, assez ancien, a alimenté de nombreuses traditions de l’Eglise ne posant pas de problèmes théologiques, en particulier celles concernant Ste Anne. Mais les miracles qui y sont relatés n’ont pas la portée théologique et la discrétion de ceux retenus dans les Evangiles canoniques, qui ne sont cités que parce qu’ils sont « signes » (comme ils sont qualifiés l’Evangile selon St Jean) de la Bonne Nouvelle.
  • La réception par les fidèles. Le texte a-t-il circulé, est-il lu largement dans les premières communautés chrétiennes, ce qui est le cas des textes canoniques (par exemple les Epîtres de St Paul), ce qui indique qu’on lui a donné très tôt une grande valeur pour l’Eglise ? Ou seulement à un endroit, ce qui suggère une utilisation par un groupe fermé, voire sectaire ?

Donc, si l’on découvrait un « texte oublié écrit par un Apôtre », il faudrait examiner les points suivants :

  • Que veut dire « écrit par un apôtre » ? Ce n’est pas parce qu’il est titré « Selon X » qu’il est écrit par l’apôtre X ou même un de ses proches. Et de quand date le manuscrit ?
  • Le contenu. Que veut-il dire ? Est-il dans la sobriété et le sérieux ou dans le sensationnel ?
  • La diffusion. S’il n’est trouvé qu’aujourd’hui et dans un seul lieu, c’est signe qu’il n’était pas reconnu ailleurs et qu’il émane peut-être d’un groupe hérétique
  • Et surtout, le contenu théologique. Son message est-il en cohérence avec le reste de l’Ecriture et la foi de l’Eglise ?

En outre, le canon est clos depuis plusieurs siècles. Il serait très étonnant qu’on y ajoute un texte car, s’il n’a pas été découvert avant, c’est qu’il n’était pas diffusé, lu et commenté. Il ne répondrait sans doute pas, pour commencer, au critère de diffusion.

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