Bénédiction d’une relique de 3e classe

Un chapelet ou une statue ayant été en contact avec une relique, et qui est devenu de ce fait une relique de 3eme classe, doit-elle être bénie par un prêtre?

Une relique fait l’objet d’une dévotion appelée culte de dulie (de doulos, « esclave » en grec), c’est-à-dire de vénération due à un martyr ou un saint, par distinction au culte de latrie, d’adoration due seulement à Dieu. Cette dévotion n’est possible que si la relique a été authentifiée, c’est-à-dire qu’elle est dotée d’un certificat d’authenticité, ou, si elle est trop ancienne pour avoir ce type de certificat, que son sceau soit bien présent.

La question, avant celle de la bénédiction, est donc bien celle de l’authentification. Or, n’importe qui ne peut faire cette authentification. Seuls les évêques, les cardinaux et des prêtres spécialement mandatés pour cela  peuvent le faire. Cela a une conséquence : si la relique de troisième classe en question n’est pas passée par cette procédure, cela veut dire qu’elle ne peut être exposée en Eglise à la vénération des fidèles. Au mieux, elle est un souvenir qui peut inspirer la prière privée.

Une façon d’approfondir la réponse à cette question est donc de rebondir sur une autre question : à quoi est destinée cette relique de 3e classe, pour qui et dans quelle circonstance est-elle exposée ? En effet, le fidèle peut n’avoir aucun doute sur son authenticité, parce qu’il l’a obtenue lui-même à partir d’une relique de 1e ou de 2e classe. Mais dans ce cas, comment est-il possible qu’elle n’ait pas été bénie au cours du pèlerinage ? Les messes qui se déroulent dans ces sanctuaires prévoient le plus souvent la bénédiction des objets de dévotion. Parfois, ces objets peuvent être bénis même en l’absence de prêtre, par délégation de celui-ci, comme pour les Médailles miraculeuses de la Rue du Bac, par exemple : les Sœurs de la Charité peuvent les bénir.

Par conséquent, quel sens donner à une relique n’ayant pas été authentifiée ni bénie dans le cadre d’un pèlerinage et d’une démarche spirituelle en Eglise ? Ce n’est pas un gri-gri qu’on va chercher dans son coin. Encore une fois, c’est là que situe la pointe de la question : une relique pourquoi faire et dans quelle intégration à la communauté de l’Eglise ?

Bénédiction d’une relique de 3e classe
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