Bénédicistes

Pourriez-vous réfuter la position “bénédictiste”, c’est-à-dire la position selon laquelle la renonciation de Benoît XVI serait invalide ? Soi-disant pour des fautes de latin (selon eux, “La décrétale Ad audientiam du pape Lucius III, qui figure dans le corps du droit canon (Décrétales de Grégoire IX, l. I, titre III, de Rescriptis, c. XI) pose que « la fausse latinité invalide un rescrit du pape ».” ) , ou bien pour le remplacement de certains mots, comme “munus” (remplacé par “ministerio”) ou bien une erreur de conjugaison “commisso” (remplacé par “commuissum”), etc ; de plus, selon eux, nous ne serions pas obligés par le Droit Canon de tenir sa renonciation comme valide… En conséquence, Benoît XVI serait toujours Pape sans le savoir, et François serait un antipape qui s’ignore… Merci de réfuter cette position, certes très minoritaire.

Pour notre part, nous ne nous embarquerons pas dans des arguties de latin de cuisine pour éclairer cette question. Nous partirons du fondement de la foi catholique, la Sainte Ecriture.

La Bible nous présente plusieurs récits de vocation. Par exemple, la vocation d’Abraham en Gn 12, 1-4, sa vocation liturgique dans l’épisode du sacrifice d’Isaac (Gn 22, 1), l’appel du petit Samuel (1 S 4, 4-9), d’Isaïe (Is 6, 1-8), des premiers disciples (Jn 1, 37-51), de Mathieu (Mt 9, 9) etc.

A chaque fois, que se passe-t-il ? Le Seigneur dans l’Ancien Testament, le Christ dans le Nouveau, appelle la personne. Cette dernière, soit répond positivement – « Me voici » – soit ne dit rien mais manifeste par un acte concret son acquiescement. Elle se lève, se met en route, suit Jésus etc.

Lorsque le Seigneur appelle quelqu’un à une charge, cette personne manifeste donc par sa parole et par ses actes qu’elle répond à cet appel. Qu’a fait Benoît XVI ? Exactement le contraire : il a manifesté publiquement par sa parole – publique – et ses actes qu’il ne serait plus Pape. Il l’a dit et il s’est retiré.

Par conséquent, une fois la renonciation de Benoit XVI clairement exprimée, un nouveau Pape a été élu dans le cadre d’un conclave dont rien ne permet de soupçonner l’irrégularité. Benoît XVI n’est plus pape et François a été élu comme tel. Point. Etre Pape, avant d’être une question de droit canon, c’est d’abord une question de pastorale et de gouvernement.

Par ailleurs, que nous dit l’autre fondement de la foi catholique, la Tradition ? Que le for interne et le libre arbitre de quiconque doivent être respectés. Si Benoît XVI ne veut plus être pape, que vont faire ces « bénédicistes » ? Ils vont envoyer les lansquenets le sortir de son monastère pour l’obliger à s’assoir sur le trône de Pierre ? Voilà qui nous rappelle les heures les plus sombres du Grand schisme d’Occident ou, justement, des lobbies forçaient la main à quelqu’un pour être pape et à un conclave pour en élire un à leur main.

Et que vont-ils faire de François ? Le séquestrer comme Pie VII ? Là encore, une attitude qui rappelle une période bien dramatique de l’histoire de l’Eglise.

Que le Seigneur garde sa sainte Eglise de ces schismatiques de tous poils.

Bénédicistes
3.3 (65.71%) 7 votes