Baptême et péché

Si par le baptême on est mort au péché, comment expliquer que le juste pèche 7 fois par jour?

Le baptême nous sauve du péché et efface les conséquences du péché originel en nous. Mais la vie continue après le baptême et le mal dans le monde perdure. Chaque baptisé est donc perméable au mal, d’abord en tant que victime. Combien de péchés ne sont-ils pas induits par la peur et la réaction à la souffrance ? Ensuite, le baptême n’écarte pas notre liberté et chacun exerce son libre-arbitre tout au long de sa vie, en posant des choix éthiques à chaque instant. Or, le libre-arbitre implique la possibilité de faire le mal… Et cela advient trop souvent !

Par conséquent, oui, nous sommes morts au péché par le baptême mais, surtout, nous sommes sauvés. Mais « Nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? », nous dit St Paul (Rm 8, 24). Le baptême nous ouvre la résurrection. Il n’est pas encore la résurrection puisque nous n’avons pas passé la mort.

Le baptême est donc une mort de l’ancien homme mais il est surtout la naissance de l’homme nouveau, sauvé et promis à la résurrection. Comme toute naissance, il faut donc le voir comme le point de départ d’un itinéraire de vie, avec ses chutes, ses progressions et ses grâces. C’est ce que Luther et, derrière lui, toute la théologie protestante, quelles que soient les confessions, n’ont jamais compris. La saine théologie doit prendre en compte la trajectoire de vie du chrétien, son cheminement, ses épreuves, ses retours en arrière, ses accomplissements, ses joies. Les décisions, les actes posés comptent. C’est pour cela que l’Eglise nous propose le sacrement de réconciliation, dans la foi que la grâce divine sera plus forte que nos manquements, pour peu que nous nous tournions humblement vers le Seigneur. Elle prend acte du fait que « Dieu écrit droit avec des lignes courbes », selon le proverbe portugais devenu célèbre.

Baptême et péché
5 (100%) 1 vote