Avoir une relation avec un drogué

Un chrétien (de toutes confessions) peut-il être en liaison sentimentale avec une personne présentant des addictions aux stupéfiants ; qui ne souhaite pas arrêter et banalise son comportement face à la prise quotidienne de drogues dites douces et/ou dures? Bien qu’ayant consulté la réponse apportée concernant le cannabis, je me demande si Christ n’aurait pas plutôt fait preuve de compassion que de colère? Doit-on couper tout lien avec une personne que l’on chérit sous prétexte que cette personne présente une faiblesse divergente de la nôtre (nous pouvons ne pas avoir d’addictions mais présenter d’autres formes de péchés comme tout être humain)? J’entends bien que ce type de pratique ouvrent les portes de l’occulte dont de nombreux textes bibliques nous mettent en garde mais ne devons-nous pas davantage pratiquer l’agape dans ces circonstances et prier le psaume 91 pour notre protection et celle de la personne concernée? Il est par la même évident qu’aucune construction de vie n’est possible dans un contexte de toxicomanie avec influences extérieures très marquées. L’amitié est-elle dès lors préférable? Je ne parviens pas à imaginer que Christ ait pu rejeter des personnes en souffrance, alors pourquoi devons-nous agir de la sorte? La Bible ne dit-elle pas qu’il est possible qu’un des deux individus suffit à la sanctification de l’autre?

Tout d’abord, nous ne pouvons répondre que d’un point de vue catholique et ne prétendons pas engager d’autres confessions chrétiennes.

Ensuite, il nous semble que cette longue question fait autant les réponses. Qu’ajouter ?

Déjà, mettre fin à cette relation, ce n’est pas du tout la même chose que « couper tout lien ». « L’amitié est-elle dès lors préférable? » Certes ! Une amitié patiente, bienveillante, aidante mais sans complicité avec le mal qu’est, nous le réaffirmons, une addiction.

Car, de ce que nous comprenons, il s’agit d’avoir une relation sentimentale avec quelqu’un ou y mettre fin. Entre adultes, une relation sentimentale peut :

  • Rester indéfiniment platonique. Cela ne mène à rien de constructif et nie notre dimension incarnée. Il est certainement plus juste de cesser toute ambigüité et de permettre à chacun de rencontrer la personne avec qui il ou elle pourra fonder une famille
  • Etre une relation amoureuse au sens plein du terme mais sans engagement. Ce n’est tout simplement pas ordonné
  • Se vivre dans un mariage. Dans ce cas, qui veut se marier, construire un couple, fonder une famille, élever ses enfants de façon sécurisée et épanouissante, avec un drogué ?

L’agapè ne doit pas être le cache-misère de l’absence de discernement. Nous n’avons pas à dire si « un chrétien… peut être en liaison sentimentale avec une personne présentant des addictions aux stupéfiants » ou non. Mais nous posons une question : est-ce que cela convient ?

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