Attitude d’un catholique face au sionisme

Quelle doit être la position d’un catholique face au sionisme ? Aussi, la création de l’État d’Israël en 1948 est-elle accord avec les prophéties bibliques, annonçant le retour de Jésus comme Christ en gloire de l’Apocalypse, comme le pensent la plupart des chrétiens évangéliques ? (Les évangéliques considèrent -en tout cas en grande majorité- que l’existence même de l’État d’Israël ramènera Jésus sur terre, le fera définitivement reconnaître comme Messie et assurera le triomphe de Dieu sur les forces du mal, pendant que le peuple juif se convertira au christianisme). Ceci dit, je connais la déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien, signée notamment par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, mais cette déclaration condamne sans apporter de réelles réponses. Je sais également la singularité qu’a le peuple Juifs dans la Révélation de l’Écriture-Sainte par l’Alliance éternelle entre Dieu et le peuple Juif, dans ce cas, quelle est sa place actuelle ? Le Judaïsme est-il alors, une voie possible d’obtenir le salut ? Comment devons nous considérer nos frères aînés ? Que doit-on leur répondre quand il nous interroge sur la position catholique sur Israël, comme étant la Terre-Sainte qui appartient aux Juifs ? Et sur notre position concernant la Palestine ? (le Vatican reconnaissant d’ailleurs ces deux États). Merci pour votre travail et votre prochaine réponse.

Savoir si la Création de l’Etat d’Israël est en accord avec les prophéties bibliques est un sujet débattu entre juifs eux-mêmes, puisque de nombreux groupes ultra-orthodoxes considèrent que c’est un régime impie et le refusent, allant jusqu’à refuser de servir dans l’armée ou même d’envoyer des courriers avec un timbre de l’Etat d’Israël. Le débat n’est donc pas simple.

On ne voit pas en quoi son existence annonçerait le retour du Christ. Ca n’a tout simplement rien à voir. Les prophéties messianiques annoncent la convergence des nations vers Sion, cela ne dit rien du régime politique à Sion même. Qu’il soit israélien – pourquoi pas – ou non.

La position du St Siège est donc plus cohérente : droit à l’autodétermination des deux peuples, israélien et palestinien, au besoin – mais ce n’est pas une obligation, d’autres solutions auraient pu être envisagées – via la création de deux états souverains. Quant aux lieux saints, ils devraient être accessibles à tous les croyants et gérés par une force internationale. Voilà qui reflète davantage Isaïe 60.

Ce qui nous fait glisser du sujet politique au sujet théologique. St Jean Paul II a rappelé que si la Terre est sainte pour les Juifs et les chrétiens – laissons de côté la question de l’Islam – elle n’a été promise qu’aux Juifs. Cela valide théologiquement le droit des Juifs d’avoir un foyer et celui à l’existence de l’Etat d’Israël. La Déclaration du Concile de Vatican II Nostra Aetate, actualise des arguments théologiques très anciens : la permanence de la Dignitas Israelis (Concile de Trente) est le signe que Dieu ne revient jamais sur ses promesses, ni son Alliance. Le Peuple juif en est toujours bénéficiaire. Comment « considérer nos frères aînés » ? Comme des frères, justement… Y compris en ne mettant pas en avant les sujets de conflit, comme dans n’importe quelle fratrie. C’est-à-dire sans insister trop, dans le dialogue judéo-chrétien, sur leur ainesse. Les Juifs actuels réfutent justement cette idée d’antériorité et de chronologie. Pour eux, les deux religions se sont développées en parallèle. On n’est pas obligé de les croire mais il faut les entendre si l’on veut avoir un vrai dialogue avec eux.

Ce n’est pas la même chose que de dire que le judaïsme serait une voie de salut. Les Juifs sont toujours héritiers de l’Alliance au Sinaï et des promesses faites à Abraham. Pour autant, celui qui les accomplit, c’est Jésus-Christ. Nous, chrétiens, affirmons qu’Il est la seule façon d’interpréter et de vivre la Loi dans sa plénitude. Toutes les autres versions ne sont que tronquées.

Pour le dire autrement, les Juifs bénéficient toujours de la Loi de Moïse. Mais elle n’est vraiment appliquée qu’à travers les Béatitudes.

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