Attendre tout de soi ou de Dieu?

Sur Solfège sacré — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr), vous répondez : “C’est Dieu qui donne la vie et qui guérit”. Mais il ne guérit l’homme qu’au bout de son effort de s’améliorer, car, quel mérite il y aurait au pardon systématique dont a usé et abusé le pouvoir religieux, ce que vous appelez “l’église”? .Ne faut-il pas attendre tout de nous-même, sachant que nous sommes tous image et ressemblance de dieu ?

Voilà formulée de manière synthétique l’hérésie pélagienne, contre laquelle a tellement bataillé St Augustin. « Mérite » ? Mais Dieu ne donne pas le Salut sur le mérite, nous sommes tous pécheurs. Aucun de nous ne mérite sa miséricorde. Et oui, Il use et abuse du pardon, donné par la médiation de l’Eglise. Comme ça, gratuitement. De façon totalement imméritée.

La nature et la grâce, vieux débat théologique, donc, depuis au moins St Augustin. Si certains ont radicalisé la grâce, comme les Protestants et les Jansénistes, d’autres l’ont fait pour la nature, comme les Pélagiens. Ca conduit droit à la franc-maçonnerie, puis à l’athéisme. Si nous devons attendre tout de nous-mêmes, il n’y a pas besoin de Dieu et on finit par ne plus croire en lui. Ce qui n’empêche pas d’aller au devant de grands ennuis car personne n’est le maitre de sa propre vie.

La théologie catholique équilibre les deux. La relation à Dieu n’est pas une question de mérite, c’est une question d’amour. On n’est pas amoureux de quelqu’un parce qu’il ou elle le mérite. On est amoureux parce qu’on aime. Point. De même, un parent n’aime pas son enfant au mérite, il l’aime inconditionnellement. Autrement, si un enfant pense être aimé sous condition par ses parents, les névroses et pathologies psychologiques sont au rendez-vous.

Ce qui ne veut pas dire qu’un conjoint ne va pas répondre à cet amour avec un comportement adéquat, autrement, la relation sera altérée. Ni qu’un enfant ne doit pas bien se comporter et que les parents ne doivent pas le corriger.

Il en est de même avec le Seigneur. Il nous aime inconditionnellement. Ce qui ne veut pas dire que nous ne devons pas répondre à son amour par un comportement juste.

Croire que Dieu ne nous aime que parce que nous le méritons conduit au fondamentalisme car personne n’a un comportement exemplaire. C’est l’expérience qu’a eu Paul. Croire que, parce qu’Il nous aime, on peut n’en faire qu’à notre tête conduit au péché d’Adam. Puis à l’athéisme.