Appel à la vocation

Je me suis toujours demandé comment les personnes consacrées ont eu une certitude quant à leur appel. Comment reconnait-on qu’on a une vocation?

Un sondage de 2016 indiquait que 10% des Français s’étaient un jour posé la question d’entrer dans les ordres, ce qui est immensément supérieur au taux de ceux qui le font vraiment, et même supérieur au nombre de catholiques pratiquants. Cela indique en premier lieu qu’entre l’idée et la réalité, le chemin est long.

Il est aussi très différent selon les personnes. Pour certaines, cela vient de l’enfance, pour d’autres, c’est une réflexion longuement mûrie, pour d’autres encore, une expérience spirituelle soudaine, pour quelques uns, un désir sur le tard etc.

La meilleure analogie est l’amour. La question est la même que de savoir si on est amoureux ou non. Une personne qui se pose beaucoup la question de savoir si elle est amoureuse d’Untel ne l’est sans doute pas… Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne le sera pas plus tard. Comme en amour, cela peut prendre du temps de réflexion et faire appel fortement à la raison pour certains, beaucoup de tâtonnements pour d’autres… Et être un coup de foudre radical pour d’autres encore.

Un appel vocationnel ne sort cependant rarement de nulle part. Il accompagne souvent un parcours spirituel de vie de prière, de pratique des sacrements, d’attention aux plus fragiles. Il a lieu le plus souvent en Eglise. La plupart des personnes consacrées disent qu’il s’est aussi consolidé grâce à des rencontres où elles ont pu se projeter : un prêtre, une sœur, une communauté où on se sent chez soi…

Mais les possibilités de se tromper sont nombreuses et le taux d’échec d’environ 50%, que ce soit pour les hommes ou les femmes. Une vocation doit donc se discerner en Eglise : avec un accompagnateur spirituel d’abord, avec les supérieurs de la communauté, la personne chargée de la vie consacrée du diocèse ou le recteur du séminaire ensuite. Elle se confirme en suivant un long chemin qui permet de voir si les idées sublimes du départ tiennent dans une réalité souvent beaucoup plus pauvre : propédeutique et années de séminaire, postulat, noviciat, vœux temporaires etc. Il est bon, et sans doute indispensable, de faire une retraite d’élection aux étapes clefs.

Que ceux qui ont connu un échec ou n’ont pas trouvé leur forme de vie consacrée ne se découragent pas. S’ils ont reçu un véritable appel, le Seigneur repasse les plats. La Bible nous indique la nécessité de passer par « l’appel dans l’appel » pour les plus fidèles serviteurs du Seigneur : du désir de Moïse d’aider maladroitement ses frères et de sa fuite après le meurtre de l’Egyptien, le Seigneur fait un véritable appel au Buisson Ardent. Elie reçoit cet « appel dans l’appel » en fuite à l’Horeb après avoir fait triompher le culte yahviste au Carmel. La Pentecôte des Apôtres qui ont fui au moment de la crucifixion suit leur premier appel au bord du Lac de Galilée etc. Sans oublier que le sacrement du mariage est aussi une vocation.

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