Apparitions : vrai ou faux ? (II)

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Venons-en au plus difficile, puisque la question est posée : Medjugorge ?

Il n’est pas facile d’en parler dans la sainte Église aujourd’hui, même si les tensions sont moins fortes ! Mais là où règnent la confusion et la dispute, la seule solution consiste à s’appuyer sur le Magistère. Lorsque se déroulent des faits « extraordinaires », nous l’avons dit, c’est à lui, en l’occurrence à l’évêque diocésain et à lui seul (et non pas le Pape qui n’interviendra que si on lui demande), d’exercer son autorité et son discernement, s’il le juge nécessaire. On imagine bien que si une personne vient lui révéler en confidence de tels faits et qu’elle ne souhaite pas en parler ouvertement, il ne sortira pas de ce cadre. C’est arrivé à de nombreuses reprises.

À l’issue du processus de discernement (où le temps est aussi un critère fort utile), l’évêque a trois possibilités. Soit il constate, après enquête et consultation (en particulier d’experts théologiens, médicaux et autres), qu’en effet, des faits que l’on peut qualifier de surnaturels se sont produits et qu’il y a lieu de les accueillir de telle ou telle manière (en latin : constat). Soit il constate qu’en l’état actuel il n’y pas suffisamment d’élément, ou qu’ils ne sont pas assez clairs, et il laisse la porte ouverte (en latin : non constat). Soit (on y arrive !), il affirme que les faits n’ont rien de surnaturels (constat de non), qu’ils sont purement humains. Dans ce cas, la bonne foi des « voyants » ou des fidèles, n’est pas forcément mise en cause. On peut se tromper de bonne foi et honnêtement. Parfois, hélas, ce n’est pas le cas. Les supercheries ont été innombrables dans l’histoire.

Dans le cas qui nous intéresse, nous sommes– au moins au plan ecclésial – devant une situation très claire. À deux reprises, les pasteurs légitimes du lieu où se sont déroulés les faits en question se sont prononcés On peut le regretter, mais l’autorité de l’Église n’est pas à rejeter d’une pichenette par un catholique. Ils se sont prononcés négativement. Ils ne l’ont pas fait à la sauvette. Ils se sont entouré d’experts et se sont donné du temps. Il faut en prendre acte dans la foi et la confiance.

Mais parce que ce sont des pasteurs responsables, ils n’ont pas pu ne pas se soucier des innombrables pèlerins qui viennent en ces lieux (la plupart du temps de bonne foi). C’est pourquoi, aujourd’hui, et sauf changement majeur dont je n’aurais pas eu connaissance, les pèlerins qui se rendent là-bas sont accueillis, ils peuvent prier et recevoir les sacrements.

Mais cela ne change rien sur le fond.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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