Adversaire et adversaires

Faut-il faire confiance “à ses saints ou à Dieu ?” ; quand l’influence de Satan entre dans nos églises, quand un prêtre nous parle “d’un réseau”, quand le prêtre défend celui qui est votre adversaire et l’ennemi de Dieu ? Où trouver un chemin si toujours ces prêtres ne cessent de vous condamner sans jamais absoudre ! Sans jamais pardonner ? Sans jamais voir “votre rémission ” ?? A qui s’adresser quand vous ne pouvez pas communiquer dans votre village ?

Nous ne comprenons pas tous les tenants et aboutissants d’une question qui renvoie manifestement à un cas personnel. Elle comporte d’ailleurs plusieurs questions. Nous dégageons cependant quelques points qui peuvent intéresser tous les lecteurs.

–  La foi en la Communion des saints fait partie du Credo. On fait donc confiance aux saints parce qu’on fait confiance en Dieu et que ces personnes ont été déclarées saintes par l’Eglise. Elles sont saintes, justement, du fait de leur foi – ce qui est un mot de même que « confiance » – en Dieu

– Que « l’influence de Satan entre dans nos églises », cela arrive malheureusement. Que « l’adversaire » du lecteur soit par conséquent « ennemi de Dieu », cela reste à voir et demande un réel discernement. Surtout s’il est défendu par un prêtre. Une véritable confiance en Dieu appelle un examen de conscience sérieux dans la prière, pour voir qui est adversaire de qui et ne pas se laisser soi-même abuser par l’Adversaire, avec une majuscule

– Si le prêtre est complice de méfaits qui sont des délits, cela concerne la police. S’il s’agit de problèmes de foi et de moeurs, le fidèle qui en a connaissance ou en est victime peut en parler avec un autre prêtre. S’il n’y a pas d’autre prêtre accessible, parce qu’il habite dans un village isolé et/ou ne peut se déplacer, il peut toujours écrire à l’évêque. Et, si isolé qu’il soit, La Poste arrive toujours jusqu’à lui.

–  Il arrive malheureusement que des prêtres appartiennent à des réseaux, maçonniques, par exemple, voire franchement plus louches. Si cela est avéré et si un fidèle a des éléments sérieux pour le croire, idem, il peut en parler à un autre prêtre ou à l’évêque

– Nous rappelons cependant que les dénonciations calomnieuses de prêtres entrainent des sanctions canoniques pouvant aller jusqu’à l’excommunication

– Que des « prêtres » au pluriel refusent d’absoudre un péché, cela invite à la plus grande prudence. Il arrive malheureusement parfois qu’un prêtre obtus ou manipulateur, refuse injustement de donner l’absolution. Nous suggérons alors de s’adresser à un autre prêtre. Si ce n’est pas possible, de saisir l’évêque comme déjà indiqué. Mais que plusieurs prêtres se liguent pour refuser une absolution qu’ils devraient donner, cela peut sembler douteux. Nous suggérons donc, à nouveau, de prier et de faire un sérieux examen de conscience et un véritable discernement pour voir s’ils ne sont pas fondés à refuser le sacrement

– Par exemple, il y a de bonnes chances qu’une personne adultère chronique, divorcée remariée ou vivant en concubinage ne reçoive pas l’absolution tant qu’elle ne met pas fin à la situation. Pour donner d’autres exemples, quelqu’un qui détourne de l’argent mais ne répare pas sa faute, ou qui commet des délits sous l’empire de la drogue et refuse de suivre une cure de désintoxication… Prend le risque de ne plus pouvoir bénéficier du sacrement de réconciliation tant que son repentir ne devient pas un minimum concret

– Une personne isolée au point de n’avoir aucun interlocuteur de confiance dans son lieu de vie doit chercher à se faire aider. Le problème dépasse alors totalement le cadre purement spirituel et ecclésial. En général, ces situations d’isolement vont de pair avec d’autres fragilités : sociale, économique, médicale etc. Elle peut par exemple chercher de l’aide auprès d’une association de type Conférences St Vincent de Paul, d’un travailleur social, ou d’un psychologue. S’il n’y en a pas sur place ou si elle n’a pas les moyens de faire appel à ce genre de profession, elle peut se faire prescrire par un médecin – et les médecins peuvent aller partout, quitte à appeler les services sociaux – une thérapie chez un spécialiste que la Sécurité sociale remboursera. Elle peut aussi s’adresser à la mairie de sa commune qui l’orientera vers les assistants sociaux. Pour ce qui est des associations, les CCAS les répertorient et s’agissant des chrétiennes, les grandes paroisses ou le diocèse peuvent donner leur téléphone

– Cela invite tous les chrétiens à être davantage attentifs à leurs voisins en difficulté et à s’engager concrètement auprès des plus fragiles : aumônerie d’hôpital, maraudes pour les SDF, visites de personnes isolées chez elles, messes en prison, soupes populaires etc.

Adversaire et adversaires
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