Accueillir en Eglise après un baptême privé

J’ai 3 petits-enfants, 2 baptisés à l’église, leurs parents sont baptisés et mariés à l’église. Toutefois, ils ne vont pas régulièrement à la messe et les deux enfants ne vont pas au catéchisme, non pas par choix mais parce que les horaires du catéchisme sur le secteur sont incompatibles avec l’organisation de garde des parents qui travaillent. Lorsque ma fille a demandé le baptême pour son 3ème enfant, le refus de la paroisse a été direct. Elle n’a jamais pu voir le prêtre mais une dame bien pensante de la paroisse qui a fait obstacle. Impossible de faire baptiser le 3ème enfant sans éducation religieuse des deux aînés. Je suis moi-même baptisée, j’ai été accompagnante en aumônerie et nous parlons régulièrement religion avec les enfants. Donc, finalement et en désespoir de cause, nous avons organisé un baptême à la façon des premiers chrétiens. L’oncle de cet enfant a rapporté de Jérusalem une croix, de l’eau bénite du Jourdain, et a baptisé son filleul entouré de toute la famille, avec chants religieux, vêtement blanc de l’enfant et prières. Nous souhaiterions que ce baptême soit reconnu par l’église catholique. Que me conseillez-vous ? Merci de votre aide.

Pour répondre directement à la question, si cette famille souhaite que ce petit enfant, et nous le lui souhaitons aussi, soit membre de l’Eglise catholique, ils peuvent l’envoyer au catéchisme quand il aura l’âge et lui faire faire à cette occasion une cérémonie d’entrée en Eglise, comme les baptisés d’une autre confession qui deviennent catholiques. Toutes les confessions chrétiennes (à l’exception de certaines églises évangéliques extrémistes) reconnaissent en effet mutuellement leurs baptêmes et ne font pas rebaptiser les personnes qui changent d’église…Pour peu que le baptême soit valide et bien fait avec la formule trinitaire. Ce que nous ne savons pas dans ce cas-ci.

En effet, nous entendons parler de tas de choses, croix, chant, vêtement blanc, filleul, prières, eau bénite du Jourdain (pourquoi du Jourdain ? De l’eau du robinet aurait suffit. En revanche, bénite par qui ? Il ne suffit pas que l’eau vienne du Jourdain pour être bénite et si elle n’est pas bénie par un ministre ordonné ou un laïc spécialement mandaté par l’évêque du lieu, elle n’est tout simplement pas bénie du tout). Mais à aucun moment on ne sait si le baptême a été fait selon le rituel avec la formule trinitaire. Quelles sont les prières qui ont été prononcée ? La renonciation à Satan a-t-elle été faite ? Le Credo récité ? Bref, ce n’est pas tout d’avoir tous les ornements du baptême. Encore faut-il qu’il soit valide. Si ce n’est pas le cas, n’importe quelle église chrétienne digne de ce nom qui accueillerait cet enfant dans sa communauté demandera une préparation au baptême et le fera rebaptiser.

Par ailleurs, cela pose une question de fond. Pourquoi vouloir que cet enfant soit reconnu par l’Eglise catholique ? Quelle est la réciproque ? Ou, pour le dire autrement, quelle est la reconnaissance de ses parents, qui ne respectent pas les commandements de l’Eglise, à savoir aller à la messe, privent leurs enfants de tout secours spirituel en les privant de catéchisme et ont menti au moins trois fois à l’Eglise. Deux fois en s’engageant aux baptêmes de leurs deux aînés à leur donner une éducation religieuse et à ne pas le faire, et une troisième fois en sortant l’excuse la plus spécieuse que l’on puisse trouver : « les horaires du catéchisme sur le secteur sont incompatibles avec l’organisation de garde des parents qui travaillent » ? Quelle chance pour ces enfants si les horaires de l’école sont compatibles « avec ceux de garde des parents qui travaillent », autrement ils resteront illettrés. Et si les rendez-vous chez le médecin ne s’adaptent pas « avec ceux de garde des parents qui travaillent », ils vont les laisser tomber malades ? Mais soigner leur âme par la vie sacramentelle, ça en revanche, on peut s’assoir dessus ?

« Accompagnante en aumônerie » ? Accompagner à quoi ? A ne pas aller à la messe, à ne pas se former à l’intelligence de la foi, à se révolter contre l’Eglise en faisant ses petits sacrements perso ? A juger des laïques comme « bien pensantes » parce qu’elles s’engagent au service de l’Eglise et qu’elles prennent au sérieux ses Enseignements ?

Que le Seigneur accompagne ce petit enfant et l’envoie vers des frères qui l’éclaireront sur son chemin de foi. Quant à rencontrer un prêtre, ce n’est pas si difficile. Que l’auteur de la question ou ce couple demande à se confesser. Même « bien-pensante », la laïque chargée des baptêmes ne pourra pas le faire et, pour le coup, le prêtre, ils le rencontreront.

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