Abus sexuels et célibat (1/2)

Excusez-moi mais je voudrais savoir pourquoi est-ce dans les églises catholiques les prêtres violent de plus en plus les enfants ? Qu’est ce qui se passe ; moi je comprends plus rien. Je voudrais aussi savoir pourquoi on interdit aux prêtres de se faire l’amour; de se marier et même de faire des enfants ? (1/2)

Nous traiterons cette question en deux volets, les raisons du célibat des prêtres n’ayant rien à voir avec les abus sexuels dans l’Eglise. C’est une erreur logique d’en faire un lien, et si c’est fait dans l’intention de nuire au ministère du Sacerdoce, c’est même une faute morale.

Les prémisses de cette question sont erronées de bout en bout. D’une part, il est faux de dire que « les prêtres violent de plus en plus les enfants ». Il n’y a pas de statistiques antérieures à la Seconde guerre mondiale sur ce sujet, donc rien ne permet de dire s’il y a eu plus de viols sur des mineurs avant ou après cette date. Ce qui est vrai, c’est que de plus en plus d’affaires sont sorties à partir des années 2000, et de plus en en plus de victimes devenues adultes ont eu le courage de parler. Ce qui est une très bonne chose puisqu’ainsi, justice peut leur être rendue et les prédateurs sexuels peuvent être écartés de victimes potentielles.

En revanche, la plupart des crimes sexuels dans l’Eglise ont eu lieu jusque dans les années 80. On note un net fléchissement à partir des années 2000, alors même que l’opinion a été bien mieux sensibilisée à ce fait au XXIe siècle et les victimes mieux écoutées.

Cela permet de supposer qu’au contraire de ce qu’affirme la question, il y a de moins en moins d’abus sexuels sur mineurs de la part de prêtres. Les mesures prises par Benoît XVI ont peut-être commencé à porter leur fruit : tolérance zéro, limogeage et réduction à l’état laïc des coupables, reprise en main de mouvements d’Eglise et congrégations où de graves problèmes ont eu lieu (tels que les Légionnaires du Christ), refus des homosexuels actifs dans les séminaires etc. De même, les commissions d’enquête et les cellules d’aide aux victimes ont peut-être commencé à avoir un impact efficace.

Il convient aussi de souligner que 90% des victimes de pédophilie dans l’Eglise sont des adolescents et non des « enfants ». Cela n’excuse en rien la gravité du crime mais ce n’est pas tout à fait la même chose. En outre, quand on y regarde de près, on qualifie de pédophilie ce qui est souvent de l’éphébophilie. Le prédateur sexuel s’en prend à des grands adolescents, mais surtout de jeunes hommes (ou de jeunes femmes dans 15 à 20% des cas). La victime va alors être, très souvent, un séminariste.

Il est très bon que ces violences sur de jeunes adultes, surtout jeunes séminaristes et religieux, plus rarement jeunes religieuses, soient aussi dévoilées au grand jour. Cela permettra, là aussi, de rendre justice aux victimes, d’assainir la situation et contribuera à faire cesser les rumeurs les plus folles sur la pédophilie des prêtres, quand ce n’est pas le problème.

Car venons-en à la question du célibat. On le sait, les crimes pédophiles dans l’ensemble de la population sont commis à 80% par des hommes mariés ou en couple. La vie en couple et les relations sexuelles ne sont donc en rien des obstacles à la pédophilie. Et, comme nous l’avons dit, 80 à 85% des victimes de pédophilie sont des garçons, et dans 90% des cas des adolescents. Le caractère homosexuel de ces crimes est donc patent.

On ne voit par conséquent pas en quoi se marier ou avoir des enfants empêcherait quoi que ce soit de la part de ces prédateurs. C’est juste un non sens.

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