Abstinence dans un deuxième mariage (civil)?

Bonjour et merci de me répondre. Divorcée après un court mariage dans lequel mon partenaire ne s’était guère engagé, j’ai épousé civilement l’homme avec qui je vis depuis 18 ans. Soucieuse de garder une foi active, j’ai fini par refuser tout rapport avec mon mari en 2008. Cela a mené notre couple au désastre et nous avons commencé à nous faire du mal réciproquement, mon mari vivant très mal la situation. Il y a un an nous avons décidé de divorcer et j’ai quitté mon foyer en décembre dernier pour m’installer à 900 km de là. Si matériellement tout allait très bien, mentalement j’étais désespérée et dans un état psychologique épouvantable. Pris de pitié, mon mari m’a proposé de revenir quelques jours chez lui pour trouver apaisement et réconfort. Venue pour 8 jours, je suis encore chez lui trois mois plus tard. Confinement oblige, nous avons beaucoup parlé et mis bien des choses à plat puis décidé de reprendre une vie commune car nous nous aimons toujours profondément. Mais nous avons besoin de tendresse réciproque sans quoi notre couple ne tiendra pas. Je crois que nous pourrions nous passer de sexualité à proprement parler mais pas des rapprochements affectueux qui entretiennent notre union. Je ne sais que penser. Cette partie de notre vie est secondaire mais ne peut être niée. Pour le reste, nous sommes merveilleusement accordés. Je n’ai pas envie de mettre mon mariage, le seul valide à mes yeux, à nouveau en danger. Faut-il attendre le décès de mon premier conjoint pour plaire à Dieu ? Pouvez-vous me comprendre ?

Un mariage est fait pour être consommé et un mariage qui ne l’est pas a, effectivement, de très bonnes chances de courir au désastre, surtout si les deux époux n’étaient pas chacun pleinement d’accord pour vivre « comme frère et sœur ». Cela exige une très profonde piété des deux conjoints. Mais si la piété était si profonde que cela, on peut se demander pourquoi ils se marieraient dans ces conditions au lieu de de rester fidèles au sacrement. Mais peu importe parce que la situation décrite n’en est plus là, donc il n’est pas utile de revenir sur ce qui l’a déclenchée.

Plus intéressant, à notre avis, est de revenir sur les conditions de la première union. Si le deuxième mariage est « le seul valide » aux « yeux » de l’auteur, il nous semble que la bonne question à se poser est de savoir ce qu’il en est aux yeux de l’Eglise. En clair, la première union est-elle si valide que ça ? Si le premier mari « ne s’était guère engagé », il y a de sérieux doutes. Les fiancés avaient-ils la maturité nécessaire ? L’époux était-il réellement prêt à construire un couple dans une union qui respecte les 4 piliers du mariage chrétien, à savoir la liberté du consentement, la fidélité, l’indissolubilité, l’ouverture à la vie ? Sans rentrer dans les détails, se dire qu’on aura des enfants « plus tard » et l’usage de certains contraceptifs est déjà en soi une cause de nullité d’un mariage. Quelle a été la préparation ? Le Pape François, avec sa verve habituelle, a dit qu’au moins la moitié des mariages étaient nuls, par défaut de préparation adéquate et que les fiançailles devraient être une sorte de noviciat d’au moins deux ans pour que les mariages sacramentels remplissent réellement les conditions de validité que demande l’Eglise. Nous pensons qu’il n’est pas loin de la vérité, surtout pour ceux des générations les plus anciennes où se marier allait de soi et où la préparation était légère.

Bref, la question ne porte nulle part la trace d’une demande de nullité auprès d’un tribunal ecclésiastique. Le Pape François, encore lui, a publié des textes pour alléger les procédures afin de répondre au diagnostic que nous devons de mentionner et prononcer la nullité de mariages mal préparés. La procédure est bien plus courte et moins coûteuse qu’un divorce civil et, en France, elle aboutit dans 90% des cas. Il nous semble qu’il faudrait commencer par là.

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