Quantité et qualité (3/3)

La qualité et la quantité sont toujours antinomiques. (3/3)

Cette remarque complète les deux questions précédentes, qui avaient pour point de départ les formes artistiques qu’un chrétien devrait rejeter ou non. Il y a différentes façons de la comprendre : est-ce dire que l’art de masse est antinomique avec un art plus exclusif ? Ou la portée de l’affirmation est-elle plus large ?

On peut être d’accord sur le fait que la qualité prime sur la quantité. Une oeuvre d’art, ou tout acte, peut-être de meilleure qualité avec une diffusion réduite, tandis que le succès et la renommée ne sont pas des gages de qualité. Par ailleurs, dans les malédictions qui suivent les Béatitudes en Lc 6, 26, le Christ dit : « Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi qu’agissaient leurs pères à l’égard des faux prophètes! ». Mais sa remarque n’est pas sur le plan artistique. Il s’agit d’évaluer un discours prophétique ou, à l’inverse, « politiquement correct ».

Si on se limite à la question de l’art, nous ne pouvons opposer ainsi quantité et qualité. Ne serait-ce que dans l’art chrétien, cela voudrait dire que toute expression de la foi populaire est de mauvaise qualité. Qu’il en est de même lorsque St Bernard salue le fait que la France « se couvre d’un blanc manteau » d’églises, ou lorsque l’art baroque se répand dans toute l’Europe pour soutenir la piété des fidèles dans le cadre de la Réforme catholique. On pourrait multiplier les exemples.

On sait le mal qu’a fait à l’Eglise, particulièrement en France, une spiritualité hautaine méprisant toute forme de piété populaire, et le rôle qu’elle a joué dans la déchristianisation du pays. Tandis qu’un art populaire a pu soutenir la foi des fidèles, comme La Passion du Christ, Marie Heurtin, La Résurrection ou Des hommes et des dieux. Ce sont des films « populaires » destinés à un grand public. Ce n’est pas pour cela qu’on peut les dire sans qualité.

Quantité et qualité (3/3)
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