Qui le Pape représente-t-il?

Le Pape est-il le représentant de Dieu sur terre pour tous les chrétiens ou seulement les catholiques?

Cette questions mérite des réponses précises selon différents cas de figure. Tout d’abord, commençons par dire que le Pape n’est pas « le représentant de Dieu sur terre » pour qui que ce soit. Il est le successeur de St Pierre, comme les autres évêques sont les successeurs des autres Apôtres. Le Christ a confié tout particulièrement à Pierre son Eglise, comme l’illustre le fameux verset « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » en Mt 16, 18, ainsi que collégialement aux Apôtres. Le Pape, évêque de Rome, est successeur de Pierre, 1er évêque de l’Urbs. A ce titre, il est le responsable de l’Eglise pour les catholiques, et primus inter pares, avec une primauté vis-à-vis de ses pairs évêques. Toutes les églises qui ne sont pas de rite catholique latin mais sont « rattachées à Rome » reconnaissent cette primauté : églises maronite, chaldéenne, copte-catholique, syriaque, arménienne-catholique, anglicans rattachés à Rome etc.

Pour les chrétiens non-catholiques, différents cas se présentent :

  • Les églises orthodoxes ne reconnaissent pas la primauté de Pierre, et par conséquent, du Pape. Elles estiment que le Christ a donné la direction collégiale de l’Eglise à tous les Apôtres. Elles ne voient en revanche aucun inconvénient à le reconnaître comme évêque de Rome, pourquoi pas Patriarche de tous les chrétiens de rite latin, comme elles admettent une certaine primauté aux Patriarches de Jérusalem, Antioche, Alexandrie, puis Moscou. Le Patriarche de Constantinople a, de leur point de vue, une certaine primauté non hiérarchique sur tous les orthodoxes.
  • Pour les Protestants, la Réforme protestante est née de la contestation de l’Eglise du XVIe siècle. Ils ne reconnaissent donc pas les évêques catholiques, le Pape encore moins. Mais, là aussi, au moins deux cas de figure se dessinent.
    • Les Luthériens et Anglicans ont leurs propres évêques et ont donc repris les paroles du Christ
    • D’autres Protestants, évangéliques, par exemple, n’ont pas d’évêques et ne reconnaissent aucune hiérarchie ecclésiastique. Leurs pasteurs sont élus par les paroissiens ou auto-proclamés selon les confessions mais ne sont qu’habilités à commenter la Parole de Dieu et prêcher, du fait de leur qualifications en théologie.

Les progrès de l’œcuménisme, l’autorité morale du Pape, le nombre, l’organisation et l’activité des catholiques dans le monde font tout de même que certains chrétiens non-catholiques ouverts au dialogue écoutent volontiers la parole du Pape et lui portent un certain crédit. Ce n’est pas pour rien qu’il a été invité au début des commémorations des 500 ans de la Réforme protestante de cette année.

Qui le Pape représente-t-il?
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