« Doit-on » s’abstenir le vendredi ?

Suite de la question sur l’abstinence du vendredi, après une remarque d’un internaute.

J’ai dit que l’on « pouvait » s’abstenir de viande le vendredi. La discipline de l’Église s’est singulièrement allégée ces derniers temps. En dehors des vendredi de carême et du Vendredi Saint, où l’obligation est faite à tous les catholiques de s’abstenir de manger de la viande, liberté ! On peut se lamenter. On peut s’en réjouir, dans l’un et l’autre cas, pour des raisons plus ou moins bonnes, voire douteuses. Gare à la superficialité, à l’exhibitionnisme, à l’hypocrisie ou à la mollesse.

Que faire ? À chacun de faire ce qui lui semble, en conscience, bon pour son âme. Le caviar et la sole font partie des mets autorisés, mais sont-ils utiles à ma vie spirituelle ? Leur consommation est-elle :

a)      indifférente

b)      une insulte aux pauvres

c)       une gourmandise peccamineuse

d)      un gaspillage idiot,

e)      un mauvais exemple pour les autres

f)       une véritable ascèse ?

Je suis le seul à le savoir en vérité. M’abstenir de dire du mal de mon prochain sera peu être un exercice plus authentique (et plus coûteux). L’Église, qui est bonne mère, nous fait confiance comme à des adultes, pour faire certains choix. Elle nous rappelle aussi que le jeûne (ou l’ascèse) s’accompagne toujours de prière et de partage. Ceux-ci approfondissent et élargissent le sens du geste, en direction de Dieu et de nos frères. Là, aussi, examen de conscience et adaptations sont nécessaires. En cas de difficulté, on peut en parler à un prêtre ou à un autre catholique digne de ce nom.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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