Déplacements de solennités

J’ai pris connaissance de votre réponse relative à la solennité de saint Joseph et j’ai du mal à comprendre : l’Eglise juge suffisamment important de ne pas ruiner la progression quadragésimale, au point de se donner la peine de déplacer une solennité universelle, et l’on pourrait localement faire comme l’on veut ? D’ailleurs, lors de la messe de la solennité locale de Notre-Dame de la Miséricorde à Savone (lieu même des apparitions) en 2012 : le 18 mars cette année-là, un dimanche, la solennité n’a pas été déplacée mais c’est la Messe du IVème dimanche de Carême qui a été célébrée, en ornements roses. A Ajaccio au même moment, Messe de la fête en ornements blancs avec Gloria … Le clergé italien semble avoir conservé un bon sens liturgique élémentaire qui fait malheureusement gravement défaut en France.

Et pourtant, c’est ainsi. Il arrive bien que des solennités universelles soient déplacées. L’Annonciation de 2016 a été déplacée du 25 mars, qui était le Vendredi Saint, au lundi 4 avril, donc 10 jours après.

La question de l’article en référence, http://www.reponses-catholiques.fr/st-joseph-le-20-mars/, portait sur les raisons de déplacement d’une solennité. Nous pensons avoir répondu et expliqué pourquoi il y aurait des exceptions. La question d’aujourd’hui porte-t-elle plutôt sur le bien-fondé de ces exceptions ? Nous pensons comprendre qu’elle infère que Savone a bien fait de déplacer la solennité locale de Notre-Dame de la Miséricorde, tandis que le maintien de cette fête à Ajaccio ne se justifie pas. Et pourtant, encore une fois, oui, il peut y avoir des adaptations locales mais cela ne veut pas dire « qu’on peut faire comme on veut ». Notre réponse est bien sûr générale et n’a pu que donner des exemples expliquant ces particularismes locaux. Pour savoir quelle est la raison du maintien de ces célébrations à Ajaccio en carême, le mieux est de poser la question au diocèse d’Ajaccio… Ou au curé de la paroisse concernée si ce n’est pas dans tout le diocèse.

La référence au « clergé italien » est un parfait exemple de ce que nous tentons d’expliquer. Que les ministres ordonnées italiens aient « un bon sens liturgique élémentaire », certainement. C’est d’ailleurs pour cela que, le Jeudi de l’Ascension n’étant pas férié en Italie, l’Ascension est fêtée le dimanche suivant, donc une semaine avant la Pentecôte et non 10 jours avant. Voilà un exemple typique d’adaptation locale à propos d’une solennité, ô combien importante : elle a été déplacée un dimanche pour que le maximum de fidèles puissent la fêter.

Quant à dire que ce bon sens liturgique italien « fait malheureusement gravement défaut en France », cela reste à voir et n’engage que l’auteur de la question. Car, en France, nous fêtons l’Ascension 40 jours après Pâques, donc automatiquement un jeudi, ce qui est bien plus fidèle à la liturgie universelle.

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